‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 313 sur 358 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MERSON

Tiens, c'est vrai ! Je n'y pensais plus. Est-elle jolie, ma fille?

HENRI

Charmante ! vous la verrez.

MERSON

Je l'espère bien. Mais je ne me charge pas de l'éducation des demoiselles, je t'en préviens.

HENRI

Je m'en doute; et même à ce propos, si j'osais...

MERSON

Tu me recommanderais la plus grande respectabilité devant elle! sois tranquille : je serai très-correct. Au surplus, ce ne sera pas long, car ce n'est pas ta sœur que je viens chercher.

Et qui donc?

Toi, parbleu!

HENRI

Vous voulez m'emmener?

MERSON

Avec le consentement de ta mère, bien entendu, — et le tien. Je ne compte violenter personne. D'ailleurs, ne t'effraie pas : ce ne sont pas des vœux que tu vas prononcer : nous nous prenons à l'essai. Si tu trouves ton camarade trop vieux.,, ou trop jeune, il te rendra la liberté sans même attendre que ta majorité t'affranchisse. Le pacte te conviontil?

fis s'uiréteut lOBE î^iui.

472 MADAME CAVERLET.

HENRI

Je VOUS demande la permission d'en référer à ma mère.

MERSON

Cela va sans dire. Mais je suis sûr qu'elle ne mettra pas d'obstacles... et tu verras quelle vie charmante nous mènerons à Paris.

HENRI

Vous habitez actuellement Paris?

MERSON

Actuellement comme toujours. J'y suis né, et j'espère bien y mourir.

HENRI

Vous êtes né à Paris?

/ Comme toi, comme ton grand-père, comme ton bisaïeul... les Merson, je m'en vante, sont race de Parisiens pur sang.

HENRI, tixi-ému.

Merson? Nous sommes Français?

MERSON

Tu te croyais Turc?

HENRI, atterré.

Français !

MERSON, à part.

Voici la crise.

HENRI, allant à lui et lui prenant les mains.

Mais non! c'est une plaisanterie... vous êtes Anglais 1 vous âées divorcé d'avec ma mère...

MERSON

Séparé de corps et de biens par jugement du tribunal de a Seine.

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