REY^'0LD
Non pas... mais tu y consens.
Ail çà, méchant gamin, me prends-tu?..
REYNOLD
Fanny... Écoute bien ceci ! Fanny a une tante millionnaire.
488 MADAME CAVERLET.
BARGE
La tante d'Avranches...
REYNOLD
Tu le savais? alors pourquoi m'as-tu dit?..
BARGE
Il fallait bien te donner une raison, et ne pouvant pas tp donner la vraie... Ne m'interroge pas, mon enfant; ce n'est pas mon secret.
REYNOLD
Voilà une parole qui m^arrêterait net en toute autre cir constance; mais tu ne peux pas exiger de moi que je re nonce à mon bonheur sans savoir pourquoi. Quant à ton scrupule, remarque, je te prie, que le secret en question m'appartient plus qu'à toi, puisqu'il concerne ma femme ; et entin fais-moi l'honneur de croire que je le garderai aussi bien que toi. Je ne suis pas aussi étourneau que j'en ai l'air : voilà deux ans que j'ai résolu d'épouser Fanny, et tu n'en savais pas le premier mot avant-hier. Tu peux parler, te dis-je; c'est un homme qui t'écoute.
BARGE
C'est juste, après tout, (a demi-voix.) Eh bien, je suis allé avant-hier chez madame Caverlet, comme je te l'avais promis, et là j'ai appris de son mari. . . qu'ils ne sont pas mariés.
REYNOLD, abasourdi.
Est-ce possible?
BARGE
Par l'excellente raison que le premier mari élant Français et non Anglais, madame Henriette est séparée de corps et non divorcée.
REYNOLD
Miséricorde i