‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 327 sur 358 · ACTE TUOISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TUOISIEME

BARGE

Tu comprends que devant celle rcvélalion accablanle j'ai dû battre en retraite. Heureusement je n'avais pas encore fait ma demande...

REYXOLD.

Pauvre petite Fanny !

BARGE, allant s'asseoir sur ua fauteuil.

Je la plains de tout mon cœur, car je l'aime.

REYNOLD

Est-ce assez de la plaindre ?

BARGE

Mais, mon ami,..

RETNOLD.

Est-elle moins pure, moins loyale, moins adorable pour ! être dans une pareille situation ? A ce malheur déjà si grand, en ajoutfirons-nous un plus grand encore, en la rejetant de ! l'alliance des honnêtes gens ? Lui refuserons-nous une nou- ''■ velle famille, parce que la sienne est indigne d'elle ? Raison de plus pour l'en arracher, et lui faire une place dans notre honneur, comme elle en a déjà une dans notre tendresse 1 \

BARGE. '

Pauvre petite ! pauvre petite!

REYXOLD,

Elle est orpheline; nous l'adoptons, est-ce dit?

BARGE

Ah! parbleu! si elle était orpheline... Mais loléreras-ta que ta femme fréquente une mère qui vit en état de...

REYNOLD

Non pas ! — Mais je n'épouse pas la mère, et je saurai la tenir à distance.

.490 MADAME CAVERLET.

"I : BARGE

Est-ce que tu eu as le droit? c'est la plus honnête femme du monde.

^< REYNOLD

1^' Pour le coup, voilà du nouveau. Tu amnisties l'adultère, ^^ toi?

' ; BARGE, se levant.

, ;<i j Jamais de la vie. Mais l'adultère de la femme séparée n^est ^:::;5'P'^s... enfin ee n'est pas la même chose! c'est la conséquence .presque forcée de la séparation... Ah! si tu connaissais , . l'histoire de la pauvre Henriette...

:"-lb .;

REYNOLD

"j '\ Bref, madame Merson est un ange.

' s: v^ BARGE.

Ma foi... peu s'en faut.

REYNOLD

Alors pourquoi ne tolérerais-je pas qu'elle fréquente ma femme?

l \ ^ Parce que ce serait un scandale.

.^ ,ti REYNOLD.

"^ p ■ En un mot, tu excuses la mère, et tu condamnes la fille.

BARGE

1 Mais sapristi ! ce n'est pas moi ; c'est la fatalité de la si-

' ',Ai!'''ttuation! Mon devoir de père est de te disputer à des diffi-

- ^ jcultés et à des douleurs que tu ne prévois pas. .<-- a

*^ ' ^-*» . REYNOLD

\ Mais la pire douleur est de perdre celle que j'aime.

V ^v-^" BARGE.

rf^^,>*^u l'oublieras.

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