ACTE DEUX1É3IE
ADOLPHE
Parbleu!
Âmrement, je serais encore sombre et triste. Mais, sur les grands chemins ayant perdu sa piste. Je la guettais au gite en vrai cliasseur... Enfin, Ses persiennes se sont ouvertes ce matin.
PAUL
Est-ce que c'est Léa?
ADOLPHE
Léa? Veux-tu te taire ! Allons donc !
PAUL
Entre nous à quoi bon ce mystère ?
Je saurai bien son nom quand tu I epoiLseras.
ADOLPHE, t-panoui.
Tu me conseilles donc de l'épouser ?
;>on pas !
Mais avec le désir que je te vois en tête, Que je te le conseille ou non, c'est cliose faite.
ADOLPHE
Et franchement, mon cher, pourrais-je faire mieux? Une femme qui m'aime... avec de si beaux yeux! Qui n'avait avant moi jamais fait parler d'elle! Que sa faute me rend et plus chère et plus belle. Qui dans sa chute même a montré tour à tour Autant d'honneur réel que de réel amour !...
PAUL
A'oyons, ne me fais pas de demi-confidence ;
Tu sais bien que tu peux compter sur mon silence.
— Est-ce Léa ?
m PAUL FORESTIER.
ADOLPHE
Je vois que je nierais en vain.-
PAUL, à part.
C'est elle !
Je répare, en lui donnant ma main, Ce que ma langue ici lui fait de préjudice. — Mais après le conseil, cher ami, le service : Déjà mon nom sans doute à ses gens est donné Comme celui d'un homme à jamais consigné. Auprès d'elle comment veux-tu que je pénètre ? Écrire?... Sans l'ouvrir, on renverra ma lettre. Je ne peux donc agir que par ambassadeur. Et j'ai compté sur toi...
PAUL
Pour ton entremetteur?
Merci. Je ne suis pas courtier de mariage.
ADOLPHE
Quelle mouche te pique et quel enfantillage...?
PAUL
Ton témoin dans un duel, oui, tant que tu voudras; Mais pour te marier, je m'en môle pas.
ADOLPHE
Quoi ! sérieusement et malgré ma prière...
PAUL
Mon cher, on n'a, dit-on, que deux choses à faire Quand avec un ami l'on cherche à se brouiller : Lui prêter de l'argent ou bien le marier. La première est moins sûre encor que la seconde. Bref, il ne manaue pas de marieurs au monde...