ACTE DEUXIÈME
ADOLPHE
Oui... Maintenant, délibérons.
PAUL
Sur quoi ?
ADOLPHE
D'abord, que penses-tu de Caroline?
PAUL
Et toi?
ADOLPHE
Sa conduite est d'un ange ou d'une Messaliuc, Il n'est pas de milieu ; choisis.
PAUL
Alors, j'incline...
ADOLPHE, anxieus.
Pour l'ange ?
PAUL
Oh ! non !
ADOLPHE
Crétin! comment ne vois-tu pas Qu'un fol entraînement l'a jetée en mes bras? Qu'à ses devoirs rendue aussitôt que tombée, La fuite à son vainqueur l'a seule dérobée? Que j'entrevois, pour moi, dans ce cœur combattu. D'adorable faiblesse et de lièvre vertu ! Son expiation part d'une âme trop haute Pour qu^au dévergondage on impute sa faute : Tu n'en peux expliquer le délire effréné Que par l'explosion d'un cœur passionné... A moins qu'il ne te semble impossible qu'on aime.
PAUL
Non, certes.
ADOLPHE
Alors, il faut adopter mon système.
PAUL
Je J'adopte.
ADOLPHE
Fort bien, mon cher... Ceci posé, Verrais-tu mon honneur dans ses mains exposé? Me conseillerais-tu de la prendre pour femme ? C'est de ton amitié l'avis que je réclame.
PAUL
Elle est donc libre ?
ADOLPHE
Oui bien.
PAUL
Tu parlais de devoir?
Elle en avait alors et cesse d'en avoir ; Elle est veuve, en un mot.
PAUL
Veuve ?
ADOLPHE
Tu t'en étonnes ?
Les maris sont mortels comme d'autres personnes.
PAUL
Elle a perdu le sien depuis peu ?
ADOLPHE
Depir peu.
PAUL
Et tu sais maintenant où la trouver ?