‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 33 sur 358 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ADOLPHE

Oui... Maintenant, délibérons.

PAUL

Sur quoi ?

ADOLPHE

D'abord, que penses-tu de Caroline?

PAUL

Et toi?

ADOLPHE

Sa conduite est d'un ange ou d'une Messaliuc, Il n'est pas de milieu ; choisis.

PAUL

Alors, j'incline...

ADOLPHE, anxieus.

Pour l'ange ?

PAUL

Oh ! non !

ADOLPHE

Crétin! comment ne vois-tu pas Qu'un fol entraînement l'a jetée en mes bras? Qu'à ses devoirs rendue aussitôt que tombée, La fuite à son vainqueur l'a seule dérobée? Que j'entrevois, pour moi, dans ce cœur combattu. D'adorable faiblesse et de lièvre vertu ! Son expiation part d'une âme trop haute Pour qu^au dévergondage on impute sa faute : Tu n'en peux expliquer le délire effréné Que par l'explosion d'un cœur passionné... A moins qu'il ne te semble impossible qu'on aime.

PAUL

Non, certes.

ADOLPHE

Alors, il faut adopter mon système.

PAUL

Je J'adopte.

ADOLPHE

Fort bien, mon cher... Ceci posé, Verrais-tu mon honneur dans ses mains exposé? Me conseillerais-tu de la prendre pour femme ? C'est de ton amitié l'avis que je réclame.

PAUL

Elle est donc libre ?

ADOLPHE

Oui bien.

PAUL

Tu parlais de devoir?

Elle en avait alors et cesse d'en avoir ; Elle est veuve, en un mot.

PAUL

Veuve ?

ADOLPHE

Tu t'en étonnes ?

Les maris sont mortels comme d'autres personnes.

PAUL

Elle a perdu le sien depuis peu ?

ADOLPHE

Depir peu.

PAUL

Et tu sais maintenant où la trouver ?

Page 1