‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 348 sur 358 · ACTE QUATRIEME. .î · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME. .î

FANNV. .

Mais... sans être mariée? i

HENRIETTE, à part, avec désespoir. \

Elle ne comprend pas! '

FANNY

Et tu me demandes mon indulgence pour elle? Tu lui accordes la tienne?

HENRIETTE

Hélas ! elle était si jeune ! Elle avait tant besoin d'alfecliou î

FANNY

Elle n'avait donc pas d'enfants?

HENRIETTE, se levant brusquement et d'uue voix sourJe.

Elle en avait.

FANNY

Elle ne les aimait donc pas?

HENRIETTE, avec explosioa.

Oui, tu as raison! elle ne mérite pas de pitié! L'amour i| maternel devait suffire à la défendre! Puisqu'elle n'a pas^^j respecté ses enfants, qu'elle boive leur mépris sans se plaindre... s'il ne lui reste pas assez de cœur pour en mourir !

(Tombant sur le fauteuil près de la table.) Ah! paUVre femme! SOU

châtiment passe son cz-ime! Hélas! toutes les âmes ne sont pas de force à sacrifier la passion au devoir...

FANNY

C'est pourtant si facile et si doux !

HENRIETTE, la regarde avec étonnement, se lève et va à elle.

Qu'en sais-tu ? (Fanny baisse les yeux.) Ah ! . . elle aime Rf vnuld !

FANNY, vivement.

Non, maman, je t'assure.

520 MADAME CAVERLET.

HENRIETTE, lui proaaut les mains.

Tais-toi, n'tissaye plus de me donner le change... Et moi qui ne t'avais pas devinée ! Ah! cher ange ùe Dieu! tu trouvais dans ta tendresse le courage de me cacher ton chagrin!..

FANNY

Je t'aime par-dessus tout.

HENRIETTE, très-exaltée.

Et moi, crois-tu que je ne donnerais pas ma vie pour assurer ton bonheur?., {x elle-même.) Comme je vais me racheter! Comme elle me pardonnera! (a Fanny.) Il y avait un obstacle à ton mariage : dans une heure cet obstacle n'existera plus... Tu épouseras Reynold.

FANNY, lui sautant au cou.

Vrai?

Ah! je peux t'embrasser maintenant! (Elle la couvre de baisers et

l'eatraÎDO avec elle sur le canapé.) Ouï, tU l'épOUSeraS... et alorS tU

ne pourras plus douter de ma tendresse !

FANNY, glissant aux genoux de sa mère.

En ai-je jamais douté?

HENRIETTE

Peut-être... mais n'eu doute plus, mon adorée! Conserve-moi une petite place dans ton cœur auprès de ton mari, et je te bénirai toujours... comme je te bénis en ce moment! (Elle fait un geste de bénédiction sur la tête de Fauny et lui pose un

baiser au front.) Et maintenant va, mon entant, va achever tes préparatifs.

FANNY

Oh! que je suis heureuse!

Elle sort par la gauche.

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