‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 347 sur 358 · SCENE Y · texte numérisé non relu

SCENE Y

Les Mêmes, FANNY.

On charge nos bagages, maman. Est-ce que nous partons tout de suite?

HENRIETTE

Oui, mon enfant, nous partons pour Paris.

FANNY

Pour Paris? — Ah! oui... l'héritage!

HENRIETTE

Mais auparavant j'ai quelque chose à te dire.

Elle s'assied sur le canapé.

CAVERLET.

Je vais avertir Henri. (Faus?e soitie. Embrassant FauDj.) Adieu!

11 sort précipitamment.

FANNY, à part.

Comme il est ému!., (venant s'asseoir sur le canapé près de sa

mère.) Qu'as-tu douc à me dire, maman?

§i8 MADAME CAVERLET.

HENRIETTE, après un silence .

Il y a d'étranges fatalités dans la vie des femmes, mon enfant. Je crois que Dieu crée pour chacune de nous l'homme qui doit la rendre heureuse. Tant pis pour celle qui ne le rencontre pas; malheur à celle qui le rencontre trop tard !

FANNY

Trop tard?.. Ah! oui! mariée à un autre.

HENRIETTE

Comme j'ai rencontré M. Caverlet.

FANNY

Mais, toi, le djvorce t'avait rendu la liberté. •

HENRIETTE

Et s'il ne me l'avait pas rendue?

FANNY

Tu aurais été bien malheureuse, c'est vrai !

HENRIETTE

Eh bien... (a part.) Je ne peux pasl

FANNY

Eh bien?

HENRIETTE, avec effort.

Eh bien!., j'ai à Paris une amie d'enfance qui est dans cette douloureuse situation.

FANNY

Et lu vas la consoler? la soutenir?

Je te demande pour elle toute ta compassion... toute ton indulgence. Elle a rencontré trop tard celui qu'elle devait aimer; ne pouvant l'épouser, elle n'a pas eu le courage de l'éloigner; elle vit avec lui... comme je vis avec M. Caverlet.

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