SCÈNE II CLORINDE, ANNIBAL, MONTE-PRADE
M O N T E - P R A D E , entrant.
Bonjour, bien chère enfant. Capitaine...
AX>'IBAL, brusquement.
Salut.
Excusez ses façons.
MOME-PRADE
J'aime assez sa rudesse.
ANMBAL.
L'habitude des camps!
CLORI^'DE, h Monte-Prade.
Je vois quelque tristesse Dans vos yeux. Qu'avez-vous?
MOXTE-PRADE.
Moi? Rien. Tout m'est égal, Tout ce qui n'est pas vous.
CLORINDE
Merci du madrigal...
Mais on ne trompe pas l'œil d'une femme aimante : Je le vois, quelque chose ou quelqu'un vous tourmente.
MOXTE-PRADE.
Je ne m'en souviens plus.
ANNIBAL, à part.
Bien, ma crampe dans l'œil.
CLORINDE
Depuis que j'ai posé le pied sur votre seuil, Seigneur, votre maison, aux censures en proie, A vu fuir le repos, la louange et la joie.
JIONTE-PRADE.
Qu'importe !
CLORINDE
Tous les jours ce sont des coups nouveaux. Hélas! vous m'achetez plus cher que je ne vaux! Croyez-moi, mon ami, cédez devant l'orage Et quittez un amour qui veut trop de courage.
MONTE-PRADE
Moi, reculer devant ces lâches radoteurs? J'arracherai la hnigue aux calomniateurs, Et, quand vous passerez, je jure par mon père Que je les ferai tous saluer jusqu'à terre!
CLORINDE
Seigneur, il en est temps encor : réfléchissez. Moi, je suis assez fière et je vous aime assez Pour vous perdre plutôt que vous être fatale Et fournir à l'envie un sujet de scandale.
MONTE-PRADE
Aimez-moi donc assez pour en braver les traits, Sans vous en soucier plus que je ne le fais. Mais vous ne dites pas toute votre pensée : C'est vous qui de la lutte êtes déjà lassée !
CLORINDE
Moi?