ACTE DErXlÊME
ANNIBAL, npi-ès avoir bu.
C'était un joyeux drille.
Mais avez-vous connu mon anii JNazarille?
FABRICE
Non, Monsieur.
ANNIBAL
Ah! Monsieur, quel garçon bien fendu!
Qu'il tirait bienl'épée avant d'être pendu!
FABRICE
Pendu ! Qu'avait-il fait?
AN NID AL
Ses torts n'étaient pas graves; Mais les gens de justice ont en horreur les braves. Moi qui vous parle, moi, si je n'étais parti, Ne voulaient-ils pas me faire un mauvais parti?
FABRICE
Les vilains ! et pourquoi?
ANNIBAL
Pour rien... une estocade A travers l'héritier présomptif d'un alcade. J'ai pu fuir, averti par un bon alguazil...
FABRICE
Et votre sœur vous a suivi dans votre exil ?
ANNIBAL
Parbleu! ma sœur était plus que moi compromise... Mais je jase.
FABRICE
Entre amis!
208 L'AVENTURIÈHE.
ANNIBAL
Suffit. Si ma chemise Savait ce que je pense, a dit un général, Je cliangerais de linge.
FABRICE, à part.
Il tient bon, l'animal!
Haut, prenant la bouteille.
Encore un coup.
ANNIBAL
Assez.
FABRICE
Buvez, et sans réplique.
ANNIBAL
A la santé de qui, cher ecclésiastique?
A votre choix.
ANNIBAL
Alors, à la santé du vin.
Regarde-moi ce jus, Tabbé, ce jus divin : C'est le consolateur, c'est le joyeux convive, A la suite de qui toute allégresse arrive! Au diable les soucis, les craintes, les soupçons... Quand je bois, il me semble avaler des chansons! Verse encore un couplet et nargue du tonnerre! Buvons à plein gosier et chantons à plein verre!
Il chante.
Le vin est nccessairo;
Dieu ni! In, {Jcîl'eiid pas!
Il aurait fait la vigne ainère S'il eût voulu qu'on ne bût pas!