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ACTE DEUXIÈME

Hein! la belle chanson?

FABllICE.

Vous chantez comme un ange.

AN MBA L.

On me l'a dit. (a part.) Il est soûl comme la vendange.

FABRICE, à part.

Patience! Le vin rend Thomme transparent.

ANMBAL.

Remarquez que l'enfant vient au monde en pleurant; Il vit la larme à l'œil... A boire, je vous prie. L'abbé, la vie est courte!.,.

FABRICE

Oh! que courte est la vie!

ANNIBAL, chatitant.

Quand on est mort on ne mord plus

Que la poussière;

Quand on est mort on ne mord plus :

On est mordu.

Avant d'être mordus par le ver du tombeau, Buvons pour ressembler au céleste flambeau. Au soleil, dont l'ivrogne est l'image profonde... Tout tourne autour de lui ! C'est le centre du monde !

FABRICE

Moi, le ver du tombeau m'ennuie.

ANNIBAL

Eh bien, mon cher.

Je ne vois qu'un moyen, il faut tuer le ver.

11 prend la bouteille pour verser à Fabrice et la repose d'un air pensif. FABRICE.

A quoi pensez-vous donc ?

210 L'AVET^TUniÈr.E.

ANNIBAL

A ce ver qui nous ronge.

Dans quels sombres pensers cet insecte me ploniie !

Bah ! A votre santé, mon brave.

ANNIBAL

A ma santé !

Quoiqu'elle vous soit bien égale, en vérité.

FABRICE

Qui (lit cela?

ANNIBAL

Voyons, pleureriez-vous ma perte Si je mourais demain d'indigestion?

FABRICE

Certe.

ANNIBAL

Laissez-moi donc tranquille avec votre amitié !

Peut-être en moins d'un an tu m'aurais oublié !

Oui, va, tu fais semblant de m'aimer, âme vile,

Parce que tu vois bien que je peux t'ètre utile !

Que je suis malheureux, mon Dieu, mon Dieu! jamais

Je n'ai pu me fier à ceux-là que j'aimais !

Ah ! c'est un lourd fardeau, vois-tu, qu'une âme tendre,

Quand on n'a pas quelqu'un qui puisse vous comprendre !

Mais dis-moi- le motif au moins de ton mépris,

Que je me justifie.

Allez, vous êtes gris !

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