‹ Théâtre completChapitre 129 sur 287 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ANNIBA.L,

Je sais qui c'est.

CLORINDE

Vraiment?

ANXICAL.

Ce n'est qu'un simple abbé.

CLORINDE

Et c'est pour arriver à cette découverte

Que tu viens de me mettre à deux doigts de ma perte?

ANXIBAL.

Comment cela?

CLORINDE

Tu t'es horriblement grisé, Malheureux !

ANNIE AL

Pas possible? Est-ce que j'ai jasé?

CLORINDE

Oui, mais tout a tourné pour le mieux.

AN NI BAL

Je respire!

CLORINDE

Pour l'abbé prétendu... Lis, puisque tu sais lire.

Elle lui donne la lettre.

A N N I B A L , après avoir lu.

Eh bien, quoi?

CLORINDE

Je pourrais l'épouser.

234 L'AVENTUKIERE.

ANNIBAL

Toi, ce prince?

Tu pourrais?

Et le cède à d'autres sans regrets.

ANNIBAL

Pour être vrai, mon cœur, c'est trop noble ou trop bête.

CLORINDE

N'est-ce pas que c'est bien et d'une femme honnête?

N'est-ce pas que je peux sans scrupule à présent

Prendre place parmi ce monde méprisant,

Et que j'y paie assez mon droit de bienvenue

Pour ne pas y rougir comme une parvenue?

0 mon frère! sens-tu quel légitime orgueil

C'est d'entrer là sans mettre un masque sur le seuil?

Ce n'est plus mon fantôme, une apparence vaine

Qu'à ce rang souhaité j'introduis à grand'peine;

C'est moi-même, c'est moi, c'est ma réalité,

Qui respire à son aise en pleine honnêteté!

ANNIBAL

Et c'est pour un motif de vanité si mince Qu'on te voit dédaigner l'alliance d'un prince? Prends-le, morbleu! s'il est prenable, dans tes rets! Tu pourras toujours être honnête femme après.

CLORINDE

Non, l'heure m'en serait à tout jamais ravie, Car je suis au dernier carrefour de ma vie; Si je ne change pas de route en ce moment, Je ne trouverai pas un autre embranchement.

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