‹ Théâtre completChapitre 128 sur 287 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ANNIBAL, endormi; GLORINDE. Elle s'assied le menton dans sa main.

AN.MD.VL, se détii-ant.

Dieu, que j'ai soif! — Je rêvais d'une eau fraîche Où je gari^^arisais à flots nia gorge sèche... Rêve innocent... de l'eau! Rêve de l'âge d'or!,..

Se levant.

Dieu que j'ai soif!

Apercevant Clorinde.

Ma sœur? on dirait qu'elle dort.

(3ui!...

CLORINDE, les yeux à demi fermés.

« Que puisse le ciel me garder une femme Comme vous éprouvée et passée à la flamme! »

ANNIBAL, à part, derrière elle.

Tiens! elle a le sommeil verbeux... c'est un défaut.

« Sont-ce des sûretés qu'à votre honneur il faut? Le repentir en offre autant que l'innocence, Plus même... » Plus!

ANNIE AL, à part.

Elle a le cauchemar, je pense.

Il lui touche l'épaule.

CLORINDE, se tournant vers lui.

Je n'aurais qu'à vouloir; il serait bientôt pris.

232 L'AVENTURIÈKE.

ANNIBAL

Voilà mon chien d'arrêt qui rêve de perdrix.

CLORINDE

Eii bien, non! ce serait plus mal que tout le reste! Non ! ce serait tenter la colère céleste ! Faisons de notre adresse un plus honnête emploi ! Assurons cet hymen à plus digne que moi, Rendons à ma famille un éclatant service, Rachetons le passé par un vrai sacrifice.

ANNIBAL

Sacrifice?... de quoi?

CLORINDE

Du prince.

ANNIBAL

Ah! lu rêvais D'un prince? A la santé cela n'est pas mauvais,

Il s'agit bien de rêve!

ANNIBAL

Et de quoi donc, ma belle?

CLORINDE

L'étranger de tantôt.

ANNIBAL

Ah ! oui, je me rappelle !

Nous avons pris un fruit...

CLORINDE

De xérès imbibé...

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