ACTE DEUXIÈME
Mais on fait ce qu'on peut, et, dans ces temps moroses C'est sur un plat parcjuet f{u'on ramasse les roses.
TAMPON ET
Oui, tout se racornit, hélas ! de jour en jour : Désintéressement, honneur, courage, amour! La jeunesse devient pédante et compassée; On voit de beaux garçons à mine retroussée, Qui jadis eussent fait de hardis spadassins. Avocats aujourd'hui, banquiers ou médecins.
A part.
Attrape !
STÉPHANE
Je voudrais pour beaucoup que mon père Vous entendit traiter son temps de la manière ! Figurez-vous, Monsieur, que ce père exigeant Ke peut pas une fois m'envoyer de l'argent Sans y joindre l'avis qu'en son temps, un jeune homme, Pour le vivre et l'habit prudemment économe. Sur cent écus par mois donnés par ses parents Aurait mis de côté trois ou quatre cents francs.
ADRIENXE.
Tandis qu'à consulter, je gage, vos tablettes, Vous n'avez jamais mis de côté que des dettes?
JULIEN
Le temps des étourdis n'est pas mort tout entier, Mon oncle; il a laissé du moins un héritier . Le voilà ! Ce garçon qui parfois se figure Etre fait pour entrer dans la magistrature, S'est battu l'autre jour...
0 ciel !
310 GAUniELLE.
TAMPON ET, à part.
Maudit brouillon!
JULIEN
Oui, s'est battu, vous dis-je, et pour un cotillon !
TAMPON ET, h paît.
Bon cela.
STÉPHANE
Pour ma sœur, Monsieur, voulez-vous dire.
Allotis! quand on se bat pour sa sœur, vaillant sire, On ne demande pas le secret aux amis Qu'un hasard au courant de la rencontre a mis; Car, après tout, un duel dont la cause est si pure N'est nullement contraire à la magistrature.
Ah! monsieur demandait le secret?
JULIEN
Instamment.
Et vous l'aviez promis.
STÉPHANE
JULIEN
Sans le moindre serment.
Au surplus, que ce soit pour veuve, femme ou fille, Le mal n'est pas bien grand d'en parler en famille.
ADRIEN NE
Mais c'est peut-être ici que monsieur eût voulu Garder à ses exploits un silence absolu.