ACTE DEUXIÈME. 32J
Eh bien, consolez-vous de sa mauvaise foi. Car elle aura |)roduil 1 elle L coulraire en moi.
STÉPHANE
De grâce... Ma conduite est toute naturelle, Et je n'accepte pas tant d'éloges pour elle. Tout le monde en eût l'ait autant.
Jugez-vous mieux l Et quel autre, parmi même les généreux, De la femme qu'il aime ayant vengé l'outrage, iS'e se serait pas fait un droit de son courage? Quel autre, par respect pour un nom adoré, De sa belle action ne se fut point paré ? Quel autre enfin, forcé d'avouer l'aventure, Pour la diminuer eût caché sa blessure, Avec je ne sais quel magnanime mépris Des dévouements vantards qui demandent un prix ?
STÉPHANE
Vous faites trop d'honneur, Madame, à mon silence; C'est pour taire l'alfront que j'ai tu la vengeance. Je voulais vous laisser à jamais ignorer Qu'une parole impure osa vous eflleurer.
Qu'avait-on dit de moi ?
STÉPHANE
Rien qui vous puisse atteindre.
Parlez.
STÉPHANE
Je VOUS prierai de ne pas m'y contraindre. I ^ 19
326 GABRlELLt:.
L'impudent qui l'a dit a dû le rétracter, Et ce n'est pas à moi de vous le répéter.
Je l'exige.
STÉPHANE
Je suis la dernière personne De qui vous le puissiez entendre.
Quand j'ordonne?
Au nom de... votre amour !
On a dit qu'il était..
STEPHANE.
Au nom de mon amour ?
Quoi ?
STÉPHANE
Payé de retour.
Gabrielle, très troublée, garde un moment de .silence et se laisse tomber sur le canapé en cachant sa figura dans ses mains.
STÉPHANE
Vous VOUS taisez ? 0 ciel ! que faut-il que je croie ?