SCÈNE V ADRIENNE, GARRIELLE
ADRIEXNE.
Il a doinié dans le panneau.
C'était une ruse?
Oui. — Ruse bien innocente.
Il faut à cet hymen que Stéphane consente.
Adrienne !
ADRIEXNE.
Il le faut, te dis-je, et sans sursis; Car autrement ta perte est certaine. Choisis.
Me crois-tu donc si peu d'honnêteté qu'il faille
Entre la honte et moi mettre cette muraille? Va, va, j'ai de la force, el j'ai su le prouver.
ADRIEXN'E,
Je (lois te parler ferme afin de te sauver. Qu'as-tu fait pour compter ainsi sur ton courage? Qu'as-tu fait pour te croire au-dessus de l'orage? Ton amour n'a pas su se taire seulement! Tu crois bien beau l'elfort d'exiler ton amant? Mais je te le disais tout à Tbeure, ces femmes Que le monde poursuit justement de ses blâmes, Ces femmes-là, ma chère, ont toutes au début Honoré leur devoir de ce mince tribut.
Veux-tu leur ressembler? Soit. Estime-toi forte Et laisse le danger s'établir à la porte.
Si Stéphane pourtant s'en allait pour toujours?
ADRIEN NE
Les départs les plus sûrs sont sujets aux retours. Mais ne revînt-il pas, ce serait sa ruine, Et tu ne le veux pas ruiner, j'imagine !
Et moi qui n'ai pas eu cette pensée! Oh ! oui.
C'est lui qu'il faut sauver et non pas moi ; c'est lui !
Tu devais commencer par ce mot, Adrienne.
Mais, son consentement, crois-tu que je l'obtienne?
Ce triste mariage, hélas ! est son salut,
C'est vrai ; mais il faudrait aussi qu'il le voulût.
ADRIENNE
Il le voudra, s'il croit à ton indiirérence.