‹ Théâtre completChapitre 217 sur 287 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

M'enviez-vous déjà cette joie iiiefl'able, Dites ?

Qu'une rupture est chose lamentable, Et comme le passé va nous enveloppant D'imperceptibles nœuds qu'on ne sent qu'en rompant I Tandis que vous parliez, — pardonnez ma faiblesse, Stéphane, — il m'a semblé voir toute ma jeunesse Se lever en pleurant et me tendre les bras Comme pour me crier : « Ne m'abandonne pas ! »

STÉPHANE

Séchez, séchez vos yeux! Quelle est cette démence? Votre jeunesse? eh bien ! voici qu'elle commence! Son véritable essor date de notre amour, Et rien ne doit compter pour nous jusqu'à ce jour. Commençons, ou plutôt recommençons la vie ! Nous chercherons un coin abrité de l'envie, Où nous puissions en paix, loin de ce monde altier, Nous être l'un à l'autre un monde tout entier ! Je sais, si vous voulez, un village en Bretagne, Sur le bord de la mer, au pied d'une montagne; Nid d'amour vers lequel les bruits de l'univers S'éteignent, par celui de l'Océan couverts !

Eh bien, préparez tout pour partir dans une heure : Cette maison me navre \ il semble qu'elle pleure ! — Silence, on vient.

388 GAUUIELLE.

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