‹ Théâtre completChapitre 238 sur 287 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CHALCIDIAS, caciié par la portière; LAIS,

BOMILCAR

BOMILCAR

L'orgueilleux !

LAÏS

C'est un orgueil viril Et qui lui sied.

BOMILCAR

Oui-da ! — Mais de quoi s\agil-il?

Le voici : Ce jeune homme à son sort m'intéresse; Mais, comme il ne veut rien devoir à sa maîtresse... — En suis-je là, grands dieux ! qu'il me faille en elîet, Pour le faire accepter, déguiser un bienfait! Hélas ! ma main s'est-elle à ce point avilie Que la liberté même en sortirait salie !

BOMILCAR

Ce petit montagnard est raide comme un crin :

C'est ce qu'en mots pompeux on nomme un cœur d'airain.

LAÏS

Ma main se cachera, s'il faut qu'elle se cache.

Je tiens à le sauver, non à ce qu'il le sache.

Et je viens vous prier... Mais j'ai le cœur si gros,

Seigneur, que j'ai grand'peine à rassembler les mots-

Page 1