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SCÈNE HUITIÈME

BOMILCAR

S'il ne tient qu'à ct'la, nous pouvons nous entendre. Vous venez me prier, je crois, de vous le vendre, Et de lui rendre, après, sa chère liberté, Comme par un accès de générosité.

LAIS

Il pourra l'accepter d'un homme !

CHALCIDIAS, caché.

Pauvre fille!

BOMILCAR, à part, regardant Lais.

Bon ! voilà que ce bout d'épaule m'émoustille ! Je mourrai sur la paille,

LAIS

Eh bien ! consentez-vous ?

BOMILCAR, à paît.

Décidément, ce bout d'épaule...

Haut.

Asseyons-nous.

Ils s'asseyent sur le lit de repos.

Vous vous intéressez beaucoup à ce sauvage?

LAÏS

Assez pour le vouloir racheter d'esclavage.

BOMILCAR

Eh bien, il est à vous.

LAiS.

Combien vous dois-je ?

436 LE JOUE un DE FLUTE.

BOMILCAR

Ah! fl!

Le plaisir de vous être agréable suffit.

LAÏS

Mais je ne prétends pas...

Permettez-moi, ma belle, l)e vous faire cadeau de cette bagatelle ; Et, si mon procédé vous semble honnête, eh bien, Vous avez sur la lèvre un trésor sans gardien...

LAi s, se levant.

Vous pourriez plus crûment dire votre pensée, Sans que j'eusse encor droit d'en paraître offensée, Seigneur, et vous ririez, si ce cœur abattu Osait trouver en soi l'accent de la vertu. Je vous refuse donc sans colère et sans phrase.

BOMILCAR, après une hésitalion, se levant.

Si je n'en suis ravi, que la foudre m'écrase ! Je frémis en songeant à ce que m'eût coûté. Sans votre accès d'honneur, mon accès de... gaîté. Croiriez-vous que l'esclave, offert d'un ton si leste, Non seulement. Lais, est tout ce qui me reste. Mais c'est mon dernier dé, ma belle, un dé pipé Avec quoi tout mon bien peut être rattrapé ! J'étais j)our un baiser tenté de m'en défaire !

LAIS

Vous ne voulez donc pas me le vendre ?

BOMILCAR

Au contraire !

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