SCÈNE NEUVIÈME
N'importe!
Elle signe.
Vous pourrez la conduire à Tautel.
Elle donne l'écrit à Bomilcar qui, en échange, lui remet un papyrus.
Comment!
LAiS.
Avez-vous cru, dans ce moment suprême, Que rien n'empêcherait de sauver ce que j'aime? Une autre a votre cœur : donnez-lui votre foi, Seigneur, soyez heureux avec elle.
Elle déchire le papyrus.
CHALCIDIAS, tombant à ses gcnonx.
Avec toi!
.Je te trompais; c'est toi, toi seule que j'adore. .J'adore ta beauté, mais ton cœur plus encore ! Cet aveu me brûlait la lèvre... ô cœur charmant, Dont rien n'a pu troubler le profond dévoùment ! .J'ai voulu résister, tu m'as vaincu.
LAIS
Tu m'aimes?
CHALCIDIAS.
Oui, je t'aime, entends-tu ! pardonne mes blasphèmes. Tu viens pour me sauver de vendre ton passé;" 11 n'en reste plus rien et tout est effacé.
LAIS, se jetant au cou de Chalcidias
Oh! que je suis heureuse! — 0 dieux ! suis-je éveillée?
Allons-nous-en, quittons cette maison souillée... — Mais pas ainsi... Tinias !
Timas entre par la gauche .
Donne-moi ton manteau.
Elle s'enveloppe dans le manteau brun de Timas. BOMILCAR.
Qui vous presse ? faut-il nous séparer si tôt ? Permettez qu'à son tour Boinilcar vous convie...
LAÏS
Non, j'ai hâte d'entrer dans ma nouvelle vie. Adieu, Seigneur, adieu !
BOMILCAR
Bonjour, beaux amoureux.
Laïs sort avec Chalcidias.
BOMILCAR, soûl, mettant dans sa poche le collier et le bracelet de Laïs.
Allons, il est bien doux de faire des heureux !
SAPHO