SCÈNE III CLÉON, PARIS
PARIS, à part.
Yoiuà qui tourne mal.
CLÉOX, à part.
Voilà, qui ne vaut rien.
PARIS, à part, regardant Clcon de côté.
Ce Cléon est si gros, si laid, que la pécore Voudra me rendre heureux à toute force!
CLÉON, de même.
Encore Si ce pauvre Paris était moins délabré! Mais l'apparence, hélas! qu'il me soit préféré!
PARIS, à part.
Que ne puis-je un instant endosser sa tournure, Et lui prêter un peu de ma désinvolture!
GLÉOX, do même.
Pourquoi suis-je, ou pourquoi n'est-il pas bien tourné' Que n'ai-je ce profil d'amant infortuné!
PARIS, haut.
Tiens, Cléon, franchement, tu me fais de la peine, El la lacilité du triomphe me gêne.
CLÉON
Ah! bah!
Oui, je te veux donner quelques avis Que tu te trouveras fort bien d'avoir suivis. Des femmes n'ayant pas comme moi l'habitude...
CLÉON
Quoique sur un tel point j'aie un peu moins d'étude, Je pourrai te payer ton conseil par le mien.
PARIS
Et d'abord tu n'as pas de grâce en ton maintien. Imite, si tu peux, cette démarche molle; Laisse languissamment tomber chaque parole; Vois comme en regardant je sais cligner des yeux : Voilà ce qu'on appelle un homme gracieux !
CLÉON
Marche les reins cambrés, la tête droite ; en somme Imite-moi : voilà ce qu'on appelle un homme! Épargne-toi surtout ces clins d'yeux impudents...
PARIS
Evite de sourire à cause de tes dents.
CLÉON
A cause de ton nez, pauvre garçon, évite D'être vu de profil.
PARIS
Chut! j'entends Hippolyte.