SCÈNE VII FÉLINE, OCTAVE
OCTAVE, dé[iloyant la lettre de Juliette, à part.
Voyons quelle nouvelle.
Il ht.
vv Si vous m'aimez. Monsieur, ce n'est pas k moi qu'il faut le dire, mais à mon oncle. Tout ce que je peux^ c'est de vous autoriser à lui demander ma main. »
Il froisse !a lettre.
lia sotte!
FÉLINE
Qu'est-ce donc?
ACTI' l>i;i:MlEU. 97
OCTAVE
J'ai perdu le pari; Lisez : elle consent que je sois son mari, Rien de plus.
FÉLINE
Qui?
OCTAVE
Juliette.
FÉLI \E
El quel pari?
OCTAVE
Le nôtre.
FÉLIKE.
Qu'ai-je donc parié ?
OCTAVE
Faites le bon apôtre!
Ne vous souvient-il plus m'avoir mis au défi De séduire Juliette?
FÉLINE
Ah! (i, jeune homme, (i!
Ne dites pas cela.
OCTAVE
Si j'ai bonne mémoire, C'était...
Allons!
OCTAVE
Comment !
FÉLINE
Je ne puis du tout croire 1. 6
Qu'un homme comme moi, pour ses mœurs respecté,
Ait pu faire un pari de cette énormité.
Non, non, j'ai sur l'honneur des principes trop fermes.
OCTAVE
Un homme comme vous m'a dit en propres termes, Dans le propre salon d'un homme comme vous, Un soir que nous parlions de maris loups-garous...
FÉLINE
Ah! oui, je m'en souviens, vous attaquiez les femmes...
OCTAVE
Oui-da.
FÉLINE
Je combattais vos maximes infâmes...
OCTAVE
Comme doit tout mari de sa femme content.
Je vous aurai cité Juliette; et, la citant, Possible qu'il me soit échappé de vous dire : « Je vous défierais bien, elle, de la séduire ! » C'est façon de parler usitée en tel cas. Figure du discours, mais un pari... non pas!
OCTAVE
Ma foi, j'ai le défaut de tout prendre à la lettre.
FÉLINE
Diable! mais n'allez pas au moins me compromettre!
OCTAVE
Non! non!
FÉLINE
Vous avez pris mes discours de travers.