‹ Théâtre completChapitre 55 sur 287 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

OCTAVE

Oui.

FÉLINE

Si VOUS triomphez dans vos desseins pervers, Je m'en lave les mains.

OCTAVE

Lavez !

FÉLINE

Je répudie Toute complicité dans votre perfidie !

Bon!

FÉLINE

Je suis honnête homme !

OCTAVE

On ne conteste point.

FÉLINE

Homme à contrecarrer vos projets au besoin !

OCTAVE

Gardez pour d'autres temps votre sainte colère : Je n'ai plus de projets qui vous puissent déplaire.

FÉLINE

Hein?... Quoi! vous renoncez?...

OCTAVE

Je me tiens pour battu; Je respecte Juliette et prise sa vertu; Êtes-vous satisfait enfin?

FÉLINE

A la bonne heure!

Mais est-ce tout de bon au moins?

OCTAVE

Oui, que je meure !

Je renonce à regret ! mais quoi ! me marier, C'est proprement plonger le diable au bénitier.

Ma foi! vous seriez donc, en effet, bien à plaindre D'avoir à vos côtés une Agné^ faite à peindre?

OCTAVE

Les Agnès, une fois en pouvoir de mari,

Sont sujettes, dit-on, à prendre de l'esprit,

Et profitent si bien de ces leçons nouvelles.

Que le maille est bientôt Irop peu savant pour elles.

FÉLINE

Vous ne croyez à rien !

OCTAVE

Si fait; d'un front hardi, Je soutiendrais partout qu'il fait jour à midi. Pour le reste, je dis modeslement : Que sais-je?

FÉLINE

Voilà de mes roués en sortant du collège!

Les jeunes gens du jour ont ce travers commun

D'affubler leur candeur d'un vêtement d'emprunt;

De faire les lurons à qui rien n'en impose.

Et dont l'œil voit d'abord le fond de toute chose.

De ne pas sembler neufs sottement occupés.

Ils mettent de l'orgueil à se croire trompés,

Perdant ainsi, pour feindre un peu d'expérience, ,

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