ACTE PREMIER
OCTAVE
Oui.
FÉLINE
Si VOUS triomphez dans vos desseins pervers, Je m'en lave les mains.
OCTAVE
Lavez !
FÉLINE
Je répudie Toute complicité dans votre perfidie !
Bon!
FÉLINE
Je suis honnête homme !
OCTAVE
On ne conteste point.
FÉLINE
Homme à contrecarrer vos projets au besoin !
OCTAVE
Gardez pour d'autres temps votre sainte colère : Je n'ai plus de projets qui vous puissent déplaire.
FÉLINE
Hein?... Quoi! vous renoncez?...
OCTAVE
Je me tiens pour battu; Je respecte Juliette et prise sa vertu; Êtes-vous satisfait enfin?
FÉLINE
A la bonne heure!
Mais est-ce tout de bon au moins?
OCTAVE
Oui, que je meure !
Je renonce à regret ! mais quoi ! me marier, C'est proprement plonger le diable au bénitier.
Ma foi! vous seriez donc, en effet, bien à plaindre D'avoir à vos côtés une Agné^ faite à peindre?
OCTAVE
Les Agnès, une fois en pouvoir de mari,
Sont sujettes, dit-on, à prendre de l'esprit,
Et profitent si bien de ces leçons nouvelles.
Que le maille est bientôt Irop peu savant pour elles.
FÉLINE
Vous ne croyez à rien !
OCTAVE
Si fait; d'un front hardi, Je soutiendrais partout qu'il fait jour à midi. Pour le reste, je dis modeslement : Que sais-je?
FÉLINE
Voilà de mes roués en sortant du collège!
Les jeunes gens du jour ont ce travers commun
D'affubler leur candeur d'un vêtement d'emprunt;
De faire les lurons à qui rien n'en impose.
Et dont l'œil voit d'abord le fond de toute chose.
De ne pas sembler neufs sottement occupés.
Ils mettent de l'orgueil à se croire trompés,
Perdant ainsi, pour feindre un peu d'expérience, ,