ACTE DEUXIÈME
En échange de tout, de mon saiii;. de mon âme, Je ne vous demandais qu'un peu d'espoir. Madame... Un peu d'esjjoir (|u"un jonr une douce pitié Vous donnerait pour moi plus (jur de l'amitié!
ROSE
JS 'était-ce déjà pas assez de complaisance
Que de vous écouter sans tro[) d'impatience?
Et devais-je hunihlemenl, ainsi qu'à mon seigneur,
\ousdire : « Grand merci, ce m'est beaucoup d'honneur!»
OCTAVE
Non, ce n'est pas cela que vous deviez me dire, Mais vous pouviez au moins m'écouter sans sourire. Sans plaisanter...
ROSE
Qui sait si j'aurais toujours ri!
Il fallait laisser faire au temps, à mon mari.
Eh! qu'aurait fait le temps? mon cœur était au vôtre Un divertissement, un jouet, et rien autre!
ROSE
Vous êtes fou !
OCTAVE
Mon Dieu! vous n'avez pas besoin De vous justifier. Je ne vous en veux point.
ROSE
Pourquoi vous marier?
OCTAVE
Hélas ! que vous importe?
ROSE
S'il m'importait?
OCTAVE
Alors j'agirais d'autre sorte ;
Mais pourquoi supposer...?
ROSE
Ne vous mariez pas.
Vous êtes un enfant;
Mais...
ROSE
Je vous
le
dél
fend
OCTAVE
0 bonheur! se peut-il que vous m'aimiez, Madame?
RO SE
Doucement!
OCTAVE
Puis-je croire à ce prix de ma flamme? Aimé de vous! aimé!
ROSE
Je n'ai pas dit cela.
Vous vouliez seulement de l'espoir... en voilà.
OCTAVE
Et, pour ce seul espoir, à jamais j'abandonne
Tout le bonheur que l'homme au monde ambitionne,
La famille, l'hymen et les paisibles jours.
Et je suspends ma rie à vos yeux pour toujours!
ROSE
C'est bien; mais comment laire ici votre retraite? Mon oncle va venir.