‹ Théâtre completChapitre 61 sur 287 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

En échange de tout, de mon saiii;. de mon âme, Je ne vous demandais qu'un peu d'espoir. Madame... Un peu d'esjjoir (|u"un jonr une douce pitié Vous donnerait pour moi plus (jur de l'amitié!

ROSE

JS 'était-ce déjà pas assez de complaisance

Que de vous écouter sans tro[) d'impatience?

Et devais-je hunihlemenl, ainsi qu'à mon seigneur,

\ousdire : « Grand merci, ce m'est beaucoup d'honneur!»

OCTAVE

Non, ce n'est pas cela que vous deviez me dire, Mais vous pouviez au moins m'écouter sans sourire. Sans plaisanter...

ROSE

Qui sait si j'aurais toujours ri!

Il fallait laisser faire au temps, à mon mari.

Eh! qu'aurait fait le temps? mon cœur était au vôtre Un divertissement, un jouet, et rien autre!

ROSE

Vous êtes fou !

OCTAVE

Mon Dieu! vous n'avez pas besoin De vous justifier. Je ne vous en veux point.

ROSE

Pourquoi vous marier?

OCTAVE

Hélas ! que vous importe?

ROSE

S'il m'importait?

OCTAVE

Alors j'agirais d'autre sorte ;

Mais pourquoi supposer...?

ROSE

Ne vous mariez pas.

Vous êtes un enfant;

Mais...

ROSE

Je vous

le

dél

fend

OCTAVE

0 bonheur! se peut-il que vous m'aimiez, Madame?

RO SE

Doucement!

OCTAVE

Puis-je croire à ce prix de ma flamme? Aimé de vous! aimé!

ROSE

Je n'ai pas dit cela.

Vous vouliez seulement de l'espoir... en voilà.

OCTAVE

Et, pour ce seul espoir, à jamais j'abandonne

Tout le bonheur que l'homme au monde ambitionne,

La famille, l'hymen et les paisibles jours.

Et je suspends ma rie à vos yeux pour toujours!

ROSE

C'est bien; mais comment laire ici votre retraite? Mon oncle va venir.

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