ACTE DEUXIÈME
J'ai prié, j'ai pleuré, j'ai seri'é sfis genoux... En vain... Il ne veut pas ([ue je sois votre époux.
JULIETTE, h part.
Rose avait donc raison !
OCTAVE
Sa porte m'est fermée.
Je ne vous verrai plus, vous que j"ai tant aimée! Souvenez-vous parfois encor d'un malheureux, Juliette, et recevez mes suprêmes adieux.
JULIETTE
Adieu, Monsieur Octave.
A part.
Hélas î
OCTAVE, h paît.
Elle soupire.
Haut.
J'avais, en vous quittant, cent choses à vous dire; Mais j'ai tout oublié.
JULIETTE
Cherchez.
OCTAVE
De quoi sert-il?
Je ne dois plus songer maintenant qu'à l'exil. Oh ! faites qu'il soit court, abrégez ma souffrance. Mon Dieu! la vie est lourde où n'est plus l'espérance.
JULIETTE
Du courage !
OCTAVE
A quoi bon! ne suis-je pas maudit?
Contre l'arrêt du sort bien fou qui se raidit.
J'ai, depuis le berceau, trouvé la vie amère;
La tristesse m'a pris sur le sein de ma mère,
Et la mélancolie a creusé dans mon cœur
Des gouffres qu'eût seul pu combler un grand bonheur...
Je l'attendais de vous; mais un oncle barbare
De ma seule espérance à jamais me sépare.
Heureusement pour moi, cet oncle ne peut pas,
Ainsi que votre cœur me fermer le trépas.
Que dites-vous?
OCTAVE
Je dis que j'ai mal fait de naître, Et que je veux mourir.
JULIETTE
En êtes-vous le maître?
OCTAVE
Je n'ai pas de parents, pas d'amis!
JULIETTE
Pas d'amis!
OCTAVE
Et, sauf quelques maisons où mon couvert est mis, Ma place nulle part ne demeurera vide.
JULIETTE
Nulle part, dites-vous?
OCTAVE, à part.
Elle en a l'œil immide.
Haut.
Tous, au bout de huit jours, auront séché leurs pleurs,. Et ceux que j'ai servis, et vous pour (jui je meurs.