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ACTE DEUXir:ME. l'2l

Vous m'oublieriez donc, vous, si je mourais moi-même?

Quelle comparaison entre nous! je vous aime.

JULIETTE

Dieu tout-puissant! il croit f|ut' je ne l'aime pas. Moi qui n'ai plus d'ami que lui seul ici-bas! Hélas! bêlas! mon Dieu!

OCTAVE

Vous pleurez?

JULIETTE

Oui, je pleure, Malheureuse! à quoi bon me contraindre à cette heure? Tout m'abandonne! ainsi, coulez, coulez, mes pleurs. Seuls et derniers amis fidèles aux douleurs!

OCTAVE

Juliette!

JULIETTE

Non, c'est trop, je n"ai plus de courage. Ma mère m'a quittée au milieu de son âge; On m'a conduite ici, loin de mes cbers vergers, Etrangère parmi des pnrents étrangers; Leur pitié n'allait pas jusques à la tendresse, Et près d'eux tristement j'ai grandi sans caresse. Comparant au ton sec et froid de leur bienfait La douceur dont ma mère autrefois me grondait !

OCTAVE, ;. part.

Pauvre fille!

JULIETTE

Vous seul, après quatre ans d'attente,

l-2'2 UN HOMME DE BIEN.

Vous seul m'avez parlé d'une voix indulgente; Mais je vois que mon sort est de toujours souffrir : Ma mère est morte, Octave, et vous voulez mourir. Oui, je pleure!

OCTAVE, à part.

Ceci passe la raillerie.

JULIETTE

Adieu, dernier espoir! ma jeunesse est flétrie! Mourez, ingrat, mourez, s'il ne vous suffit pas Que partout votre image accompagne mes pas. J'ai moins d'orgueil que vous : je me fusse estimée Trop heureuse déjà de me savoir aimée.

OCTAVE, à pnrl.

Je ne m'attendais pas à des accents si vrais.

Haut.

Calmez-vous, je vivrai, Juliette.

JULIETTE

Vous vivrez?

OCTAVE

Est-ce que j'ai le droit de rejeter la vie? Ne vous est-elle pas à jamais asservie? Pardonnez-moi ces pleurs de vos yeux répandus...

JULIETTE

Est-ce que j'ai pleuré? Je ne m'en souviens plus.

OCTAVE, à part.

Sortons, car si je reste un moment davantage. Je vais m'abandonner à quelque enfantillage.

Adieu.

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