FÉLIX E
Eh ! mon oncle, voudrais-je Exposer votre nom à de sots accidents?
L'honneur de la famille est en jeu là dedans. D'ailleurs, Juliette est sage, et c'est lui faire injure Que de craindre avec elle une mésaventure.
BRIDAIJNE.
Le fait est, mon ami, que je n'ai pas connu De meilleur naturel ni de plus ingénu.
Son mari, quel qu'il soit, peut s'assurer en elle.
BUIDAIXE.
Oui, je crois comme vous qu'elle serait fidèle...
J'en mettrais dans le feu les deux mains que voilà.
ET. IDAIXE.
Ah ! l'honnête garçon de neveu que j'ai là ! Au gré de vos désirs comme il vous persuade î Pour la peine je veux vous donner l'accolade.
FÉLINE, à part.
On dit vrai : les baisers sont monnaie à vilain.
Bill DAINE.
De mon premier enfant vous serez le parrain.
FÉLINE
D'abord, mon oncle, il faut que Juliette consente.
BRIDA IN E
Bon, bon! nous saurons bien la rendre obéissante.
FÉLINE
Quoi! la violenter?...
BRIDAINE
N'est-ce pas pour son bien ?
Vaut-il mieux lui laisser épouser un vaurien Comme Octave ?
FÉLINE
Il est vrai; pourtant...
BRIDAINE
Un jour, je pense Qu'elle me saura gré de cette violence. Je vais la préparer à faire son devoir. Merci, mon cher ami, de l'idée. Au revoir.
Il entre chez Juliette.