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SCÈNE PREMIERE DARIO, UN Valet, puis MONTE-PRADE

DAIUO, nu valet.

Avertissez mon frère... Ah! le voici.

Le valet sort.

A .Monte-Prade qui entre par la gauche.

Bonjour.

M ON TE- Pli A DE.

Quelle surprise! vous, mon frère, de retour?

DARIO

Oui, j'arrive à l'instant et j'en apprends de belles, Monsieur mon frère aîné.

MONTE-PRADE

Vous savez les nouvelles?

106 L'AVliNTURlERE.

DARIO

Oui certes, je les sais.

MONTE-PRADE

J'en suis fort satisfait.

DARIO

Et moi, j'en suis... comment dirai-je? stupéfait! Je ne m'attendais pas à cela, je l'avoue! Vous vous êtes rendu la fable de Padoue...

MONTE-PRADE

Prenez-le sur un ton qui soit plus de mon goût,

Si vous voulez pousser l'entretien jusqu'au bout.

Nous sommes tous les deux un peu vifs, mon cher frère;

Ne débutons donc pas par nous mettre en colère.

Certes, je montre assez quel cas je fais de vous

En vous laissant toucher, même d'un ton fort doux.

Un sujet délicat interdit à tout autre;

Mais soyez raisonnable et mettez-y du vôtre ;

Payez-moi de retour en ne me disant rien

Qui m'oblige aussitôt à clore l'entretien.

C'est bientôt dit; mais moi, morbleu! cela m'irrite Qu'un homme comme vous, d'honneur et de mérite. Éprouvé par la guerre et par l'âge averti. Se laisse prendre au piège ainsi qu'un apprenti. Mais pour vous aveugler de si belle manière Quel charme vous a donc jeté cette sorcière?

MONTE-PRADE

Dites enchanteresse et vous aurez bien dit.

Aux mensonges des sots donnez moins de crédit;

Ce que vous m'accordez ici d'expérience

Entre eux et moi vous doit mettre au moins en bajance.

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