‹ Théâtre completChapitre 94 sur 287 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MONTE-PRADE, sèchement.

Comme vous l'entendrez.

DARIO

Je romps l'espoir si doux Du lien qui devait resserrer la famille : Mon fils ne sera pas l'époux de votre fille.

MONTE-PRADE

Mais ces pauvres enfants vont être désolés! Laissons-les être heureux malgré nos démêlés.

DARIO

Non, morbleu! Quelque amour qu'il ait pour sa cousine, Mon fils ne sera pas £;endre d'une coquine.

MOJNTE-PRADE.

Soit. Ma fille n'est pas en peine de partis, Et j'en trouverai cent qui vaudront votre fils.

DARIO

Je le souhaite, hélas! plus que je ne l'espère, Car je ne sache pas d'honnête homme et bon père Qui souffre que son fils entre en une maison Dont le chef s'est si fort égaré de raison. Où l'honneur est aux mains d'une femme tarée, Où tout dérèglement a par elle une entrée. Où les enfants n'auraient enfin devant les yeux. Pour y former leurs mœurs, qu'exemples vicieux.

MONTE-PRADE

Avez-vous dit, Monsieur?

J"ai dit.

172 L'AVENTUUIËKE.

MONTE-PRADE

Voici la porte, Et ne revenez pas sans une bonne escorte, Car je vous en préviens et vous en fais serment, Vous ne sortiriez pas aussi commodément.

DARIO

Il suffit.

MONTE-PRADE

Dites bien à toute la cabale Que son opinion m'est tout à fait égale; Que je suis enchanté de voir mes bons amis Se démasquer si vite, à l'épreuve soumis; Que leur déchaînement ne serl en cette atTaire Qu'à me rendre Clorinde encor cent fois |)lus chère; Mais que je couperai la figure au premier Que je prends sur le fait de la calomnier.

DARIO

Vous aurez fort à faire. Adieu, je me retire.

MONTE-PRADE

Bonsoir.

Dario sort.

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