‹ Théâtre completChapitre 96 sur 287 · CÉLIE, MONTE-PRADE, HORACE · texte numérisé non relu

CÉLIE, MONTE-PRADE, HORACE

CÉLIE, à Horace dans le fond.

Tâchons de l'attendrir; tombons à ses genoux.

Ils s'agenouillent à droite et à gauche de Monte-Prade.

Ah! mon père!

Ah ! mon oncle !

MONTE-PRADE

Eh bien, que voulez-vous?

HORACE

Je viens de rencontrer mon père dans la rue...

MONTE-PRADE

Ah! fort bien. La cabale a fait une recrue! Vous venez tous les deux me livrer votre assaut.

HORACE

Ayez pitié...

MONTE-PR ADE

Tais-loi. Me prends-tu pour un sot?

Mon frère, ayant sur moi faussé toutes ses armes. Comme dernier recours me députe vos larmes; Mais sincères ou non, coulant pour m'ébranler, Morbleu! je les renvoie à qui les fait couler.

HORACE

Serez-vous si cruel...?

MONTE-PRADE

Ah! point de verbiage.

Est-ce moi qui m'oppose à votre mariage? C'est mon frère, et je trouve assez exaspérant Qu'il me donne envers vous le rôle du tyran. C'est à lui, non à moi qu'il faut demander grâce.

Mais il a des motifs...

MONTE-PRADE

Tout beau, monsieur Horace l Je ne vous permets pas de toucher ce sujet. Tes visites étant désormais sans objet, Prends congé de Célie.

HORACE

Eh quoi donc, tout de suite?

MONTE-PRADE

Ton père par la sienne a dicté ma conduite, Et tant que le brutal n'entendra pas raison, Tu ne remettras pas les pieds à la maison. Allons, fais tes adieux.

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