CÉLIE, MONTE-PRADE, HORACE
CÉLIE, à Horace dans le fond.
Tâchons de l'attendrir; tombons à ses genoux.
Ils s'agenouillent à droite et à gauche de Monte-Prade.
Ah! mon père!
Ah ! mon oncle !
MONTE-PRADE
Eh bien, que voulez-vous?
HORACE
Je viens de rencontrer mon père dans la rue...
MONTE-PRADE
Ah! fort bien. La cabale a fait une recrue! Vous venez tous les deux me livrer votre assaut.
HORACE
Ayez pitié...
MONTE-PR ADE
Tais-loi. Me prends-tu pour un sot?
Mon frère, ayant sur moi faussé toutes ses armes. Comme dernier recours me députe vos larmes; Mais sincères ou non, coulant pour m'ébranler, Morbleu! je les renvoie à qui les fait couler.
HORACE
Serez-vous si cruel...?
MONTE-PRADE
Ah! point de verbiage.
Est-ce moi qui m'oppose à votre mariage? C'est mon frère, et je trouve assez exaspérant Qu'il me donne envers vous le rôle du tyran. C'est à lui, non à moi qu'il faut demander grâce.
Mais il a des motifs...
MONTE-PRADE
Tout beau, monsieur Horace l Je ne vous permets pas de toucher ce sujet. Tes visites étant désormais sans objet, Prends congé de Célie.
HORACE
Eh quoi donc, tout de suite?
MONTE-PRADE
Ton père par la sienne a dicté ma conduite, Et tant que le brutal n'entendra pas raison, Tu ne remettras pas les pieds à la maison. Allons, fais tes adieux.