‹ Théâtre completChapitre 97 sur 287 · CÉLIE, HORACE · texte numérisé non relu

CÉLIE, HORACE

CÉLIE

Il ne nous laisse pas le temps de l'attendrir. Preuve qu'en son projet il est inébranlable.

HORACE

Mon père, d'autre part, n'est pas très pitoyable.

CÉLIE

Qu'allons-nous devenir entre ces entêtés? Hélas ! il faudra bien faire leurs volontés !

HORACE

Si nous faisons les leurs, qui donc fera les nôtres? Le sage doit apprendre à se passer des autres, Me dit souvent mon père, et je veux aujourd'hui T'épouser sagement, en me passant de lui.

CÉLIE

Horace, y penses-tu?

HORACE

J'y pense!

CÉLIE

Une révolte?

HORACE

Après le mauvais grain la mauvaise récolte!

CÉLIE

Il est homme à jamais ne te la pardonner!

HORACE

Je suis homme à ne pas beaucoup m'en chagriner.

C'est parler méchamment.

HORACE

C'est parler, ma Célie, En homme que l'amour de tout lien délie ; Père, patrie, amis ne sont de rien pour moi. Et je peux me passer de tout, hormis de toi.

CÉLIE

Mais, pour nous marier tout senls, avons-nous l'âge?

HORACE

C'est vrai, diable!

CÉLIE

On ferait casser le mariage.

HORACE, à paît.

Les morceaux en sont bons.

CÉLIE

Quoi, vous riez. Monsieur?

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