Cf. Corneille, Cinna, I
Avec la liberté Rome s'en va renaître.
15, Cf. Suétone, Cce LXXXI. « Tabula œnea in mommiento in quo
dicebatur Capys, conditor Capuœ, sepuUus, inventa est, conscripta hac senteniia : Quandoque ossa Capyis détecta essent, fore lU lulo prognatus manu coHsanguincorum necarctur... Proximis diebus, equorum grèges quos in trajiciendo Rubiconc flumine consecrarat, ac
vagos et sine custode dimiscrat, comperit pertinacissime pabulo abstinere, ubertimque flere. »
i6. — Cf. Ibid., LXXXII. « Uique animadvertU undique se strictis pugionibus peti, toga caput obvolvit; simul sinistra manu sinum ad ima crum deduxit, quo honestius caderet, etiam inferiore corporis parti velata. »
17. — Quelques mots de Plutarque {Antoine, XVI) disant simplement
qu'Antoine « mêla à l'éloge de César ce qu'il crut le plus propre à exciter la pitié et à enflammer l'âme des auditeurs » ont fourni à Grévin le thème de ce discours.
18. — Un écrivain allemand a consacré une étude aux rapports qui
existent entre la tragédie de Grévin et les tragédies de Muret, de Shakespeare et de Voltaire sur le même sujet : G.-A.-O. Collis- CHONN, Jacques Grévin's Tragôdie « Cœsar », in ihrem Verhdltniss zu Muret, Voltaire und Shakespere (Le « César » de Jacques Grévin dans ses analogies avec les tragédies de Muret, Voltaire et Shakespeare}, Marbourg, 1886. Les rencontres de Shakespeare et de Grévin sont fortuites et sans intérêt. Grévin ne nierait pas ses emprur.ts à Muret, à la condition qu'on lui accorde sa part d'invention et d'originalité. Les emprunts de Voltaire à Grévin sont très importants. Pour le plan et pour le dialogue, il reste acquis que Voltaire s'est beaucoup servi du César de son prédécesseur pour sa Mort de César.
La Trésorière
Î9. — Qu'est-ce que cette première œuvre théâtrale de Grévin dont il n'est resté aucune trace? Il n'y a pas lieu de s'arrêter à cctt e histoire. La Maubertine, c'est la Trésoricre. Une comédie avait été commandée à Grévin pour les noces de Claude de France et du duc de Lorraine. L'auteur avait pris son sujet dans la chronique scandaleuse du quartier Maubert. Il y eut réclamation, s'il faut l'en croire, par les habitantes du quartier Maubert (Voir l'Avant-Jeu des Esbahis) ou peut-être par les intéressés. La pièce ne put être jouée pour les noces princières (Voir Note 20, l'indication fournie à cet égard par Grévin lui-même) et le fut ensuite, remaniée ou non, sousunnou. veau titre.
20. — « Ceste comédie fut faicte par le commandement du roi Henry II pour servir aux nopces de madame Claude, duchesse de Lorraine, mais pour quelques empeschemens différée : et depuis
mise en jeu à Paris au collège de Beau vais, après la satyre qu'on appelle communéement les Veaux, le v. de février M. D. LVIII. » (Grévin).
Argument. — L'épouse d'un trésorier (agent du fisc; nous dirions percepteur des contributions) a deux soupirants, un gentilhomme et un protonotaire. (Aujourd'hui réservé à des dignitaires ecclésiastiques, ce titre était alors porté par des gens d'Église et par des hommes de loi : La Cume de Sainte-Palaye, Dictionnaire historique de V ancien langage français, V° Protonotaire; il s'agit ici d'un robin). Elle ne se prononce pas entre eux et les ruine tous deux en cadeaux. Pour y subvenir, le gentilhomme se fait payer par le trésorier un quartier de rente échu et un autre a échoir, et il doit, pourl'u comme pour l'autre, se soumettre à un intérêt usuraire. Le robin, moins riche, recourt à un autre moyen, qui est d'emprunter à la trésorière elle-même l'argent qu'il dépensera pour elle : la rusée, pour rentrer dans cette avance, n'aura-t-elle pas la somme que le gentilhomme lui a promise pour une chaîne d'or? Sur ce, le gentilhomme apprend par son valet que la trésorière, en l'absence du mari, a reçu chez elle le protonotaire. Fureur du gentilhomme qui accourt avec deux vajets et enfonce la porte. Au bruit, le mari survient ; tout le monde est réuni, vacarme, scandale, tout le quartier en émoi. Le gentilhomme alors de s'en prendre au mari. En stipulant des intérêts, il a trafiqué de ses fonctions ; le cas est grave. Pour éviter le Châtelet, le trésorier rendra ses quittances au gentilhomme et fera son deuil de ce qu'il lui averse. Le protonotaire décide de garder l'argent reçu de sa maîtresse et s'esquive. Le mari et la femme restent en présence, le mari pardonne.
21. — Sur Martinville, de Rouen, farceur réputé en son temps, voir
Eug. Lintilhac, Histoire générale du Théâtre en France, T. II, La Comédie; Moyen- Age et Renaissance, p. 56.
22. — Titre qu'on donnait aux femmes mariées de la bourgeoisie,
le nom de dame étant réservé aux femmes de qualité.
23. — Trait de mœurs du temps. Les écoUers riches avaient au collège
des domestiques. C'étaient quelquefois des écoliers pauvres, qui arrivaient par ce moyen à faire leurs études. Ce fut le cas, par exemple, pour Ramus et pour Guillaume Postel.