XXV NOTICE SUR GRÉVIN
Quant aux deux comédies, elles sont amusantes et savoureuses, et prouvent que leur auteur « avait le sens du comique infiniment plus que Jodelle. i» Elles sont trop souvent licencieuses : c'est un défaut de l'époque, et, n'en déplaise à Grévin, un héritage de l'âge précédent. Si on les remettait à la scène en les expurgeant suffisamment sans perdre l'intrigue (c'est peut-être faisable au moins pour l'une des deux 2). en les modernisant un peu, en les allégeant beaucoup, j'imagine qu'il se trouverait un public pour y prendre plaisir.
« Olympe ou rien », parole d'amoureux . Grévin n'épousa pas Nicole Estienne. Il se maria, nous ignorons quand et dans quelles conditions. Elle se maria aussi, mais là-dessus nous sommes mieux renseignés.
Ou la rupture avait déjà eu lieu quand paraissait le Théâtre, et Grévin donnait tout de même l'essor à ses nouvelles poésies pour Olympe (trente-deux sonnets et diverses petites pièces), parce que de si jolies choses ne doivent pas se perdre, ou elle eut lieu très peu de temps après la publication du Théâtre. On ne sait ce qui la causa; peutêtre ce motif bien bourgeois, le mauvais état des affaires de Charleé Estienne, qui va, en 1564, mourir au Châtelet, emprisonné pour dettes, entièrement ruiné.
Nicole épousa un docteur-régent de la Faculté, Jean
1. Eug. Eigal, Le Théâtre de la Renaissance, dans Petit de Julleville, Histoirede la Littérature fraitçaise, t. III, p 301,
2. U Idéale- Revue àvi 25 novembre 191 1 a publié une adaptation en vers modernes, en trois actes, de la Trésorière, par M. Gustave Philippon.