NOTICE SUR GRÉ VIN XXXII
Grévin, après cette rupture, va se consacrer à la médecine.
J'ignore ce qui le mit aux prises en 1564 avec son compatriote Charpentier, comme lui docteur-régent de la Faculté. La question religieuse ne dut pas être étrangère au conflit : Charpentier, comme eanemi de Ramus, avait pour ennemis tous les protestants. Grévin publia contre lui une diatribe en prose latine et une invective en vers français, deux pièces fort inconnues, où des allusions, pour nous obscures, témoignent surtout chez leur auteur d'un vif désir de dire à Charpentier des choses confraternellement désagréables. — L'année suivante, il donnait un traité complet d'Anatomie, avec planches, Anatomes iotius aère insculpta delineatio.... Ce n'est qu'une réédition annotée de l'Anatomie de Thomas Gemini (1545), imitation ellemême de la célèbre Anatomie de Vésale (1543).
Le grand débat sur l'antimoine ne pouvait le laisser indifférent.
L'éloge « extravagant » dit un médecin ^ que Paracelse avait fait des vertus curatives de l'antimoine fut pour le nouveau remède le point de départ d'une vogue extraordinaire. Il y eut aussi des opposants : beau sujet de bataille que la mystérieuse substance qui, employée d'ailleurs sans discernement et sans souci des doses, quelquefois guérissait et quelquefois tuait les malades. Un médecin de La Rochelle, nommé Launay, avait écrit pour l'antimorne, et son ouvrage avait eu, à Paris même, beaucoup
I. M. Raynaud, Les Médecins au temps de Molière, Paris, 1863, p. i7: