NOTICE SUR GREVIN XXXIV
Le i^r janvier 1567, Robert Es tienne offrait en étrennes à Catherine de Médicis un opuscule en vers intitulé : Proème sur l'histoire des François et Hommes vertueux de la maison de Medici. Il prétendait en ignorer l'auteur. Gardons-nous bien de le croire. « Quoique le nom de Grévin n'y soit pas, dit un biographe généralement bien informé, si est-ce que je sçay par tradition que c'est une véritable production de son esprit'. » Renouard a eu en mains un exemplaire portant une dédicace avec signature de Grévin2
Grévin était déjà trop compromis pour présenter ouvertement un de ses ouvrages à la reine-mère. Il espérait piquer sa curiosité par le mystère. Puis, par ce néologisme du titre {procemium, préface),» il promettoit, ditCoUetet, d'écrire l'histoire de France », montrait ce qu'il saurait faire en ce genre et laissait entendre qu'il avait déjà commencé. Historiographe de la cour : quel excellent moyen de rentrer en grâce et de s'assurer contre les tempêtes menaçantes ! Il en fut pour ses avances. Si Catherine de Médicis n'a pas pris plus de plaisir que nous au Proème, son indifférence se comprend. Colletet voit dans le Proème « un des beaux et judicieux petits ouvrages de son temps. » C'est très indulgent. Avec son mxerveilleux païen, ses souvenirs de l'Arioste et sa froide adulation, le Proème nous
1. Vie manuscrite de Grévin par Guillaume Colletet. Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, nouvelles acquisitions, n"» 3073, fol. 211, 217 et 3074» PP- 336- 346. (Copies prises sur le ms. de Colletet, Les Vies des Poètes français.. ., détruit depuis dans rincendie de la Bibliothèque du I^ouvre, en mai 1871.) — D'ime manière générale, la rédaction de Colletet est un verbiage dans lequel apparaissent, de temps en temps, des renseignements utiles.