XXXVII NOTICE SUR GREVIN
(on dirait aujourd'hui des hystériques) ; il faut brûler les livres de sorcellerie, il ne faut pas brûler les sorcières. Un tel cri de pitié nous paraît naturel. Qu'on songe à ce qu'il avait d'insolite à l'époque, et à tout ce qu'on brûlera encore de sorciers et de sorcières jusqu'à Beccaria. Grévin doit être honoré d'avoir répété ce cri, peut-être en pensant à d'autres bûchers. Il n'admettait pas qu'on tuât ses semblables ni par ignorance, ni par fanatisme. C'était décidément un homme très en avance sur son temps. — Beaucoup plus tard, quand un grand poète en prose, Michelet, divinisera symboliquement et romantiquement « La Sorcière », il n'écrira qu'une œuvre de parti, dans laquelle, magicien lui-même, il pourra nous enchanter du prestige de son art, mais sans réclamer, au péril de sa vie, un progrès social.
Grévin dédiait sa traduction au duc d'Anjou, frère du roi (le futur Henri III), le 12 avril 1567. La dédicace (à M. de Carnavalet) du Second Discours sur T Antimoine est du 25 août. Quand, le 27 novembre, se tiendra la réunion annuelle des docteurs -régents de la Faculté, on constate que, pour la première fois depuis son admission au doctorat, la signature de Grévin ne figure pas parmi celles de ses collègues. C'est que les dissensions se sont rallumées, la deuxième guerre de religion a éclaté, les garanties de l'édit d'Amboise vont devenir précaires. Grévin a quitté la France, qu'il ne reverra pas.
Pour la deuxième fois, il s'est réfugié en Angleterre. Fait établi par seize sonnets inédits qu'on a découverts