XLI NOTICE SUR G RÉ VIN
C'était une singulière idée que de chercher un refuge aux Pays-Bas quand la contre-réformation catholique commençait à y sévir avec la vigueur que Ton sait. Grévin resta peu de temps à Anvers. Les Venins paraissent en octobre 1567. Plantin, pour s'excuser des fautes typographiques, invoque « l'absence de l'autheur, lequel n'a peu revoir les corrections. » Grévin a quitté les états du duc d'Albe pour un séjour plus tranquille : il est à Turin, attaché à la personne de Marguerite de France, duchesse de Berry. épouse de Philibert-Emmanuel, duc de Savoie.
Avant de le suivre dans cette dernière étape de son existence, revenons pour quelques instants en France.
La troisième guerre de religion a commencé en fin septembre. La situation des protestants redevient critique. Un édit du roi déclare tous calvinistes incapables des fonctions publiques s'ils ne veulent prêter serment de catholicisme. Le 6 novembre 1568, les docteurs -régents de la Faculté s'assemblent, selon l'usage, dans la maison de la rue de la Bûcherie. Rouvrons les Commentaires. Grévin n'est pas là. Un des assistants, nommé Rousselet, présente une requête en son nom et demande si des émoluments, jura, qui lui sont dus ne pourraient pas être payés à sa femme. Fatale intervention ! Le doyen, cette année, est un ennemi de Grévin, c'est Charpentier. Il n'était pas bon d'avoir Charpentier pour ennemi : Ramus, un jour, en saura peutêtre quelque chose. On devine en quel sens ce doyen dirige les débats. Est-ce que l'absence de Grévin n'a pas pour cause ses opinions religieuses .î* Qu'il prête d'abord le ser ment requis, dont les théologiens ont préparé la formule.