DUCHESSE DE LORRAINE
Madame, le bon accueil qu'il vous pleut me faire lorsque Monsieur de Boulin me présenta à vous, m'a incité d'advantage à essayer de faire quelque chose qui vous feust estre aggréahle. Car le bon amour que vous portez aux lettres, m'a tousjours servi comme d'éguillon pour resveiller ce qui possible dormait en moy. C'est pourquoy ayant long temps gardé ce Théâtre [poème non encore veu en nostre langue) je n'ay trouvé personne plus digne à qui je deusse donner César, qu'à vous qui estes fille d'un Roy, lequel en prouesses, vertus, et humanité l'a si bien secondé, qu'il a esté argument à une infinité de doctes escrivains de célébrer ces trois perfections, lesquelles ont autant apparu en luy, qu'en Prince qui ait esté depuis ce premier Empereur Romain. Je vous prie donc. Madame, par ces trois dont vous estes héritière légitime de vostre Père, de vouloir défendre nostre César de tout danger et conjuration que les envieus de mon nom luy pourroyent machiner. En quoy faisant, je n'auray crainte de le revoir massacrer encores une fois, mais plustost je m'asseureray que sa mort luy aura servi d'une immortalité.