‹ Théâtre complet et poésies choisies de Jacques GrévinChapitre 26 sur 113 · Ronsard, éd. citée, t. VI, p · texte numérisé non relu

Ronsard, éd. citée, t. VI, p

NOTICE SUR GRÉVIN xxxvi

On vient d'en révéler un témoignage amusant1. La Bibliothèque de l'Académie royale des Sciences et des Lettres de Belgique possède un volume qui a appartenu à Ronsard et qui lui venait de Grévin. C'est un recueil infolio des ouvrages, très réputés en leur temps, du médecin saxon Georgius Agricola sur la minéralogie. La page de titre porte la signature de Ronsard. « Au-dessus du nom du poète, une autre mention apparaît, biffée avec soin, d'une plume qui s'obstine à la rature, très lisible cependant : Ex Bibliotheca Jacobi Grevini, Medici parisiensis2». Ainsi le donataire s'était appliqué a effacer toute trace de la donation, en gardant le livre donné.

L'ouvrage que Grévin publia ensuite n'est qu'une traduction, mais qui mérite de retenir notre attention : Cinq livres de V Imposture et Tromperie des Diables; des Enchantements et sorcelleries..., 1547. C'est la traduction du traité que venait de donner Jean Wier, savant réputé, né à Grave (Brabant), élève de Corneille Agrippa et médecin du duc Guillaume de Clèves : De praestigiis Daemonum et incantationibus ac veneficiis libri V. Il est bien curieux, ce traité. Sous son titre rébarbatif, c'est un long plaidoyer en faveur de tant de pauvres êtres, sorciers et surtout sorcières, que l'on voue aux plus cruels supplices. Les sorcières sont des malades, des « mélancholiques »

i.G. Charlicr, Un livre de la bibliothèque de Ronsard, dans la Revue du XVIe siècle 1921, pp. 133-137.

2. Le volume porte en outre une cinquantaine de notes marginales de la main de Grévin.

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