NOTICE SUR GRÉVIN X
Notre jeune poète cependant ne négligeait pas la médecine. Nous avons sur ce point des renseignements authentiques dans les fameux Commentaires de la Faculté. On conserve sous ce nom à la Faculté de médecine de vénérables annales écrites de la main des cent quatre-vingtquatorze doyens qui se sont succédé à la tête de la Compagnie de 1395 à 1786, et qui y ont relaté les actes de scolarité et les incidents importants de leur administration. Ouvrons les Commentaires à l'année 1560. Nous y trouvons que Jacques Grévin, du diocèse de Beau vais, a fait la preuve de ses quatre années d'études, probavit quatuor annosstti studii1 (durée réglementaire des cours ou tempus auditionis avant le baccalauréat2,) et qu'il a été reçu bachelier en médecine3.
Et le plaisir aussi avait sa part. Il se prenait dans la société de Ronsard et de ses amis. Ronsard, en 1560, a trente-cinq ans. Il va publier la première édition collective de ses œuvres; il est célèbre, il est chef d'école, il est populaire. Une troupe de disciples lui fait escorte, « se frottant à sa robe », comme dit Pasquier, jeunes hommes ardents à l'étude et à la vie, précurseurs belliqueux, généreux et glorieux, à jamais louables d'avoir dénoué notre poésie et préparé la fortune des siècles mêmes qui
a déjà été combattue (Jules Hara-zti, La Littérature dramatique au temps de la Renais* sance..., dans la Revue d'Histoire littéraire de la France, 1904, pp. 680-686, et pp. XXXIII-XXXVI de son Introduction à Tyr et Sidon de Jean de Schelandre, Paris, 1908). Peut être découviiia-t-on un nombre croissant de représentations. M. Lanson (art. cité) a dressé un catalogue de pièces du théâtre régulier publiquement jontes par des artistes amateurs ou professionnels. A ce catalogue, M. Haraszti (La Comédie française de la Renaissance et la Scène, dans la Revue d'Histoire littérairede la France, 1909, pp. «85-301) aajouté un certain nombre de pièces, parmi lesquelles figurent précisément la tragédie et les comédien de Grévin. Mais en ce qui concerne Mouhy, il reste acquis qu'il ne faut jamais le croire, et que les renseignements qu'il nous donne lui ont été fournis par son imagination.
1. Commentaires manuscrits de la Faculté de médecine de Paris, t. VII, fol. 34.
2 . A. Corlieu, L'Ancienne Faculté de médecine de Paris, Paris, 1877, p. 35.
3. Commentaires mss. de la Faculté, t. VII, ff,. 39 v° et 40.