‹ Théâtre complet et poésies choisies de Jacques GrévinChapitre 3 sur 113 · IX NOTICE SUR GRÉVIN · texte numérisé non relu

IX NOTICE SUR GRÉVIN

pays d'origine, dont l'image hantait sa pensée C'est le mois suivant que l'auteur faisait jouer sa Ttésorière. Il n'était guère plus âgé que Jodelle quand il donnait sa Clêopâtre. Ces novateurs n'attendaient pas le nombre des années.

Le Chant de joie de la Paix...1 (1559) est inspiré par la paix de Cateau-Cambrésis.

Enfin une Pastorale (1559) met en scène, selon le goût du temps, les mariages princiers qui scellèrent cette paix : de Margueiite de France ou de Berry, sœur de Henri II, avec Emmanuel -Philibert, duc de Savoie, et d'Elisabeth, de France, fille de Henri II, avec le roi d'Espagne, Philippe II.2.

S'il fallait en croire un témoignage auquel on accordait jadis quelque crédit, le Journal chronologique du Théâtre françois, recueil manuscrit composé au xviue siècle par le chevalier de Mouhy, cette Pastorale aurait été jouée. D'autres détails sont fournis avec précision par Mouhy sur de prétendues représentations ou reprises des pièces de Grévin. Mais on sait aujourd'hui qu'il n'\7 a aucun compte à tenir du Journal chronologique, « amas d'erreurs et de mensonges3». Je ne le cite ici que pour mémoire et pour l'écarter une fois pour toutes.

1. Cf. Ronsard, La Paix, éd. Marty-I,aveaux, récemcnt revue et mi=e au point par M. Paul Laumonier (1914-1919), t. V. pp. 199-205; — Remy Belleau, Le Chant Pastoral de la Paix, éd. Marty-Laveaux, t. I, pp. 189-193; — Des Autels, ci-dessus cité.

2. Cf. Ronsard, Chant pastoral..., éd.. citée, t. III. pp. 418-427, — Du Bellay, Epithalame..., éd. Garnier. t. II, pp. 423-441; — Jodelle, Ëpithalame..., éd. Marty- Laveaux, t. II, pp. 111-128. Sans compter des poètes moins connus, Jacques Dubois, François de Belleforest, Claude de Buttet.

3. Eug. Rigal, Alexandre Hardy, Paris, 1889, p. 691; — Le'Théâtrt français avant la période classique, Paris, 1901, p. 116. Dans ses divers ouvrages, M. Rigal a toujours soutenu que les pièces du théâtre de la Renaissance, les pièces du théâtre savant, par opposition au théâtre populaire de l'âge précédent, n'étaient pas faites pour être représentées et ne l'ont jamais été que par exception et par occasion (représentations de collège). Peut-être cette thèse semblera-t-elle trop absolue un jour. Elle

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