ACTE QUATl^IEME
PARDIGON.
Vous avez travaillé, parce que vous avez voulu roussir.
LANDRECY.
Et l'école, pour vos enfants?
PARDIGON.
C'est pour empêcher que nous les envoyions ailleurs, où on leur aurait appris autre chose que le respect du patron.
LANDRECY.
Et l'école d'apprentissage?
L'école d'apprentissage ! C'est pour avoir plus tard de meilleurs ouvriers.
LANDRECY.
Et l'économat, qui vous livre les objets de consommation à si bon marché ?
PARDIGON.
Qui nous dit que vous n'y avez pas encore du bénéfice?
LANDRECY.
Et les maisons que je vous loue, que je vous donne, au bout d'un certain temps? Y ai-je du bénéfice?
PARDIGON.
Ça, non... Seulement...
LANDREGT.
Seulement?...
PARDIGON.
Seulement, on sait bien que les maisons ouvrières, c'est pour mieux nous tenir.
PLUVINAGE.
C'est pour nous avoir mieux sous la main, le jour où il y aurait un coup de torchon.
LANDRECY.
Et la crèche?
Ça, c'est pour être décox'é.
LANDRECY.
Eh bien, je ne veux pas être décoré, je ne veux pas vous tenir sous ma main, je ne gagne rien sur vous, et tout ce que j'ai fait, c'est parce que le spectacle de votre misère m'avait ému. Cela, je vous le jure!
PLUVINAGE.
Tout le monde peut en jurer autant.
LANDRECY.
Qu'aurait-il donc fallu faire?
PLUVINAGR.
Mon gosse me récite quelquefois une histoire qu'on lui apprend à l'école. Il y a ce mot-là :
La l'açon de donner vaut mieux que ce qu'on donne.
LANDRECY.
Il faudrait mettre des gants?
PLUVINAGE.
Au contraire. Vous en mettez trop. Quand vous voulez être aimable pour nous, vous avez toujours l'air d'avoir peur de vous salir.
PARDIGON.
Vous ressemblez aux dames d'hier, chez voua... vous TOUS rappelez bien... les dames de charité... Elles nous offraient à boire au bout du bras, comme si on avait eu la gale. Quand vous nous donnez quelque chose, vous nous le donnez avec une paire de pincettes. On accepte, parce qu'on a besoin... ça soulage, c'est vrai... mais faut pas nous demander d'ia reconnaissance pour ça.
Vous êtes des orgueilleux, et rien de plus.
PLUVINAGR.
Possible.