SCENE IV LANDREGY, PAULINE
PAULINE
Eh bien?
LANDREGY.
Eh bien... c'est la grève... Je suis attristé plus que je ne puis le dire. Rien de ce que j'ai fait n'a été compris. Ils ont cru que j'agissais dans mon seul intérêt. 11 y a là une injure dont je suis profondément blessé. Je suis décou-
ragé pour toute ma vie... Salviat avait raison : entre eux et nous, il y a un mur insurmontable. Ils ne nous comprennent pas et ils suspectent nos meilleures intentions. Ils échappent à notre jugement autant qu'à notre bonté. Nous ne saurons jamais ce qu'il y a derrière leurs fronts étroits, ni dans leurs cœurs rebelles à cette pitié dont ils restent dignes, cependant. Rien n'est navrant, vois-tu, comme de voir repousser la main qu'on tend avec loyauté.
PAULINE, un temps.
Moi aussi, je suis découragée pour toute ma vie. Nous avons eu tort d'entreprendre cette tâche, trop lourde pour
nous.
LANDREGT.
Je ne me laisse pas abattre... Je continuerai.
PAULINE
A quoi bon?
LANDREGY.
A quoi bon !
PAUL INE
Et puis, pourras-tu continuer? Mon frère se rend compte de tout ce qui se passe. De plus, il est irrité du refus de Georgette. Il te forcera à t'arréter. Le voici qui vient.... Je vous laisse.
LANDREGY.
Pourquoi? Reste.
Non.
Si.
Tu le veux?
Je t'en prie.
Soit.
PAULINE
LANDREGY.
PAULINE
LANDREGY.
PAULINE
Entre Valentin Sabml, très sombre.