ACTE QUATRIEME
d'une œuvre que l'on n'est musicien parce qu'on est abonné à TOpéra, ou patriote parce qu'on paye ses contributions. Cela ne donne droit à aucune fierté et à aucune reconnaissance.
ESGAUDAIN.
La reconnaissance ! Qui l'a vue? \
VALENTIN SALVIAT.
L'aumône, jamais. La charité, souvent.
•ESGAUDAIN.
Moi, je n'ai jamais rencontré que des ingrats!
Le voilà, le grand mot! Vous donnez dix sous, cent sous et il faut qu'on vous rembourse par des années de dévouement et d'admiration. Vous donnez du métal et vous voulez qu'on vous rende de l'amour! Vous n'êtes pas dégoûté, et vous ne perdriez pas au change ! Vous exigez, déjà sur cette terre, qu'on vous rende cent pour un. Ce n'est pas de la charité, ça, c'est de l'usure, mon cher monsieur... Et même si vous la faisiez bien la charité, vous devriez rougir en la voyant nécessaire... Tout à l'heure, l'homme qui était là vous l'a dit : Donnez-nous assez de justice pour qu'il n'y ait plus besoin d'aumône,
ESCAODAIN.
Alors, en attendant, notre devoir est très simple. Nous allons supprimer toutes les œuvres, fermer tous les, bureaux de bienfaisance, et renfoncer nos mains dans nos poches
VALENTIN SALVIAT.
Ah! je ne vous le conseille pas! Vous avez déjà interrompu des consolantes chansons et éteint des lumières miraculeuses. Si vous avez la folie de supprimer le narcotique, prenez garde au réveil !
Escaudain lève les bras au ciel et sort. On entend au dehors une rumeur, puis les ouvriers qui chaulent.
lîiO LES BIENFAITEURS
LES OUVRIERS, au cfe/io>'S.
Debout, les damnés de la terre, Debout, les forçats de la Caira !
etc.
Les voix ont commencé aasez près, elles se sont rapprochées et s'éloignent insensiblement. Tout le monde a écouté, immohile. Un silence. Entre Pluvinajc, sombre, renfermé.