‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 11 sur 311 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

VALENTiN SALviAT, allant à Pauline.

Pauline !... Tu sais que je t'aurais reconnue.

PAULINE, riant.

Oh ! oh I J'avais six ans lorsque vous êtes parti.

VALENTIN SALVIAT.

On ne se tutoie plus?... Allons, on s'embrasse tout de même?

Il Vemhrasse.

PAULINE

Asseyez-vous. Vous devez être fatigué...

VALENTIN SALVIAT.

Parce que j'arrive d'Afrique?... J'ai fait le trajet assis... J'en ai des choses à vous dire... à te dire... Et cette jeune personne ? Ce n'est pas ta fille, bien sûr?

LANDRECY.

Oh ! non... c'est une petite nièce à moi.

VALENTIN SALVIAT.

W- Mais alors, je suis un peu son oncle. Bonjour, mademoiselle !

Il ta Uemhrasser. Georgeite se laisse faire après une petite résistance.

VALENTIN SALVIAT, à PauUnC.

J'ai fait un bout de causette avec ton mari... Il est ingénieur dans une sucrerie, m'a-t-il dit...

LANDRECY.

Mais je m'occupe beaucoup d'électricité.

PAULINE

Mon mari a inventé un accumulateur...

VALENTIN SALVIAT.

Tiens, cela m'intéresse...

LANDRECY.

Voilà... On cherche depuis longtemps le moyen d'em-

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magasiner la force. Cela permettrait à un grand nombre d'ouvriers qui s'abrutissent dans les usines de travailler chez eux, La femme, tout en surveillant le ménage, en soignant les enfants, qu'elle pourrait conserver auprès d'elle, aiderait son mari. Ce serait le foyer reconstitué pour cent mille familles, peut-être. Ce serait comme s'il pleuvait du bonheur sur les misérables. L'homme sauvé de l'alcoolisme, la femme de la débauche, l'enfant des/' mauvais exemples. Or, il y a un moyen d'emmagasiner la force : c'est l'accumulateur électrique léger et durable.

VALENTIN SAL"IAT.

Parfait... parfait...

PAULII^E.

Mais vous... toi... Parle-nous de toi... Ce journal...

VALENTIN SALVIAT.

Moi ?... Eh bien, voilà... j'ai beaucoup de millions. {Il rit largement.) Je parie que ça t'étonne ? Tu te disais : « Ce frère-là ne sera jamais qu'un vaurien... » Ah ! ah I ah ! n'est-ce pas, monsieur Landrecy, qu'elle le disait ?

LANDREGY.

Oh!

VALENTIN SALVIAT.

Tu vois, il ne dit pas non.

PAULINE

Mais il faut nous raconter...

VALENTIN SALVIAT.

Oh! mon Dieu, c'est très simple... Tu sais que j'avais la manie des voyages. Après avoir roulé ma bosse, un peu partout, j'ai fini par être agent d'une compagnie Belge, fondée avec des capitaux anglais sous les ordres d'un Américain, dans le but d'exploiter l'Afrique du Sud. La compagnie a fait faillite, on m'a laissé là-bas, j'y ai été quelque peu colporteur, et c'est de ce moment que datent mes premières économies... Et puis, un jour, j'ai ramassé

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