ACTE QUATRIÈME
VALENTiN SALviAT, après UTi nouveau silence et sous le coup de la plus vive émotion.
Georgette... {D'une voix étranglée.)Yons ne vous moquez pas de moi, au moins?
GEORGETTE
Non.
VALENTIN SALVIAT, mi-Voix.
Ahl
Il veut lui prendre les mains. Instinctivement, elle les relire d'abord, puis elle les lui abandonne. Longue scène muette. Salviat la regarde fixement. Elle soutient son regard pendant un moment, puis elle baisse les yeux. Leurs mains se dénouent et retombent. Salviat passe sa main sur son front ; il fait un violent effort sur lui-même et prend une physionomie souriante, indifférente presque. Georgette, chancelante, s'est assise auprès de la table.
VALENTIN SALVIAT.
Ce que vous me dites, mon enfant, me cause une joie profonde; mais comment avez-vous changé si complètement d'avis?
GEORGETTE
J'ai réfléchi.
VALENTIN SALVtAT.
Seule?
GEORGETTE
Seule.
VALENTIN SALVIAT.
La décision que vous avez prise est-elle irrévocable?
GEORGETTE
Irrévocable.
VALENTIN SALVIAT.
Vous m'aimez?
J'ai pour vous une grande estime, un grand respect...
VALENTiN SALViAT, doucemeut.
Ce n'est pas de l'amour...
GEORGETTE
VALENTIN SALVIAT, négligemment.
Mais l'amour peut venir... Nous nous marierons donc... Vous paraissez triste.
GEORGETTE
Non.
VALENTIN SALVIAT.
Puisque vous n'avez pris conseil de personne, puisque vous n'avez subi aucune contrainte que c'est de votre propre mouvement que vous venez mettre votre main dans la mienne, d'où vient que vous ne sembliez pas heureuse?
GEORGETTE
Je suis heureuse.
Elle parvient à sourire.
VALENTIN SALVIAT.
Vous n'avez rien de plus à me dire?
GEORGETTE
Non.
VALENTIN SALVIAT.
Vraiment?
VALENTIN SALVIAT.
Vraiment? [Georgelte ne répond pas et pleure. Salviat reprend avec une grande douceur.) Pourquoi ces sanglots,