‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 158 sur 311 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Avec une logique absurde, ils pensent que si nous ne savons pas nous soulager, c'est que nous sommes des ignorants. J'en ai un ici, à Ebreville, qui est atteint de la même maladie que moi... Il en a eu l'intuition, il l'a deviné je ne sais comment. Mon cher, tu ne peux pas t'imaginer avec quelle férocité il me demande de mes nouvelles. Il m'observe avec une attention folle; il cherche à deviner sur mon visage si je vais un peu mieux, afin de savoir si j'ai fait pour moi-même quelque découverte dont il profitera, lui!

BERTRY.

Je le connais, c'est M. Brinvillard.

LE DOCTEUR

Juste... II y a quelque temps, j'ai eu une accalmie. Voulant le soulager, je lui ai dit qu'en effet, j'avais trouvé pour mon mal — pour le notre — un remède nouveau. Il l'a cru, l'imbécile, il l'a cru!... Et il a eu quinze jours d'amélioration, tandis que moi je n'ai jamais autant souffert que durant cette période. En l'apprenant il m'a quitté.

BERTRY.

Il a changé trois fois de médecin, depuis. Il a vu aussi un homéopathe... Sais-tu où il en est, maintenant?

LE DOCTEUR

Non.

BERTRT.

Il consulte une espèce de rebouteux, de guérisseur, un berger d'ici, le père Guernoche.

LE DOCTEUR, riant.

Il devait en arriver là.

Ilssortent par le fond. Rosalie est entrée depuis quelques instants, par la gauche. Elle dispose le couvert. Jean rentre par la gauche.

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