ACTE DEUXIEME
MADAME DE GATTENIÈRES.
On aura beau dire, il n'y a qu'un Paris au monde!
ALICE
Comment, vraiment, tu ne savais pas cela?
MADAME DE GATTENIÈRES.
Vraiment?
LUCIENNE
Non.
ALICE
Mais, comment vis-tu, ma pauvre amie, comment vistu ?
MADAME DE GATTENIÈRES.
Vous voyez beaucoup de monde, pourtant?...
LUCIENNE
Personne... Les hobereaux des environs sont d'un collet monté.
ALICE
Mais alors, qu'est-ce que tu fais pendant toute la sainte journée ?
MADAME DE GATTENIÈRES.
Lucienne la passe tète à tète avec son mari.
LUCIENNE
Non. Jean va à ses affaires.
ALICE
Et tu ne t'ennuies pas?
Non.
ALICE
Sais-tu que c'est tout simplement héroïque.
MADAME DE GATTENIÈRES.
Quand rentrez-vous?
LUCIENNE
Peut-être irons-nous à Paris demain ou après-demain...
pour deux jours... Mon oncle attend d'une minute à l'autre sa nomination de commandeur, et il invitera à dîner ses confrères qui ont l'intention de lui offrir les insignes. Ori dansera probablement. Le docteur La Belleuse est resté à Paris pour tout organiser.
MADAME DE CATTENIÈRES.
C'est son affaire... Je demandais quand vous rentrerez définitivement?
LUCIENNE
Nous n'avons pas l'intention de rentrer.
ALICE
Tu vas passer l'hiver ici?
LUCIENNE
Pourquoi pas ?
ALICE
Eh bien ! ma chère, je ne voudrais pas être à ta place... Mais autant t'entcrrer tout de suite.
MADAME DE CATTENIÈRES, regardant autour d'elle.
Evidemment, c'est très bien ici, mais une cage aux barreaux dores n'en est pas moins une cage.
ALICE
Et lu ne te plains pas de ton sort ?
LUCIENNE
Je suis très heureuse...
MADAME DE G ATTENI îî R E S.
Très heureuse ! Avant trois mois vous serez de retour à Paris, que votre mari le veuille ou non.
LUCIENNE
Pourquoi supposez-vous que je ne pourrai rester ici?.
MADAME DE CATTENIÈRES.
Parce que... parce que, jolie comme vous l'êtes... avec