‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 20 sur 311 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

des pauvres parmi vous... » C'est peut-être pour laisser aux riches le plaisir de l'aumône.

VALENTiN SALVIAT, riant.

Pas du tout. C'est pour fournir une occupation aux femmes du monde.

MADAME PAILLENCOURT.

II est vrai que nos œuvres nous prennent beaucoup de temps.

VALENTIN SALVIAT.

Vous aurez beau faire : vous ne diminuerez pas le nombre des pauvres, mais vous augmenterez celui des mendiants... Ecoutez une petite histoire, toute petite. Lorsque l'on visite les temples de l'Egypte, on est souvent, très souvent, arrêté par une petite fille fellah, qui vous montre un oiseau qu'elle tient attaché par la patte. La bestiole est mourante de fatigue, et la petite mendiante la jette en l'air pour la forcer à voleter. Voici d'où vient cette coutume : il y a très longtemps une voyageuse sensible, voyant un de ces petits captifs qu'une enfant de là-bas possédait par hasard, donna quelques piastres et rendit la liberté à l'oiseau. Les indigènes avides se le répétèrent, et c'est grâce au beau geste de la dame que chaque jour agonisent ainsi des centaines de petits oiseaux qu'on ne songe plus à délivrer parce qu'ils sont trop.

PAULINE

Ne prenez pas à la lettre ce que dit mon frère, mesdames; il aime le paradoxe. J'irai vous voir demain, si vous voulez, pour nous entretenir des œuvres... car devant lui...

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