ACTE DEUXIEME
MouzoN, écrivant.
« Mendione... C'est vraiment embêtant... argent, à cette vieille canaille. » C'est bon, ça... Après?
l'okfigier.
J'ai un autre témoin, Piarrech Artola...
MOUZON, écrivant.
« Piarrech Artola... »
l'officier.
Etchepare lui a dit. il y a à peu près deux mois, en parlant du père Goyetche : « C'est pas possible... le bon Dieu l'a oublié. »
MouzoN, de même.
c Le bon Dieu l'a oublié. » Très bien. C'est tout ce que vous savez?
l'officier.
A peu près, monsieur le juge.
A quelle époque Etch^£aredevait-il payer la prochaine annuité au père Goyetche? .-r^
l'officier.
Huit jours après l'Ascension.
MOUZON
C'est-à-dire huit jours après le crime?
l'officier.
Oui, monsieur le juge.
MOUZON, à Mondoxihleau.
Singulière coïncidence... [A Vo[ficier.)\\ était à son aise, Etchepare?
l'officier.
Il était gêné. Il y a trois mois, il- a emprunté huit cents francs à un marchand d'engrais de Mauléon.
MOUZON
Et que disent les voisins?
l'officier.
Ils disent qu'Etchepare était sournois et avare et il ne sont pas surpris de savoir que c'est lui qui a fait le coup. Par exemple, ils sont tous très favorables à la femme Yanetta Etchepare. On la citait comme le modèle des ménagères et des mères.
MOUZON
Combien d'enfants?
Deux... Georges et... je ne me rappelle plus le nom de l'autre.
MOUZON
Les mœurs de la femme?
l'officier.
Irréprochables.
MOUZON
C'est bien.
l'officier.
J'oubliais... Un de mes hommes, un de ceux qui ont procédé à l'arrestation, m'a dit qu'Etchepare, en le voyant arriver, a dit à sa femme : « Je suis pris. »
MOUZON
c Je suis pris »... C'est assez jjnporïant, cela...
l'ôîffigier.
Et il a dit aussi à sa femme, en basque : « Ppur rien au monde, n'avoue que je suis sorti la nuit. d.erni ère. »
MOUZON
Il a dit ça devant le gendarme?...
A l'officier.
' Non, monsieur le juge... Le gendarme était dehors... à côté d'une fenêtre ouverte. Etchepare ne le voyait pas.