ACTE DEUXILIME
ferez cela à l'audience, vous verrez l'effet que vous produirez... Mais pourquoi ne pas avouer? Pourquoi ne pas avouer?... Je ne comprends vraiment pas votre entêtement... je vous le répète, je ne le comprends pas...
ETCHEPARE.
Enfin, si ce n'est pas moi, est-ce qu'il faut tout de même que je dise que c'est moi?
MOUZON
Alors, VOUS persistez dans votre histoire de cheval fantôme... Vous persistez?
ETCHEPARE.
Est-ce que je sais ! Est-ce que je sais ce qu'il faut dire! Je ferais mieux de ne pas prononcer un mot... Tout ce que je dis tourne contre moi !
MOUZON
C'est que vous inventez des histoires par trop fantaisistes... C'est que vous me croyez plus bête que je ne le suis pour penser que je vais ajouter foi à des inventions aussi ridicules. J'aimais mieux votre premier système; au moins, vous aviez deux témoins pour vous, deux témoins 'sans grande valeur, c'est vrai, mais doux témoins, tout de même... Vous changez, c'est votre droit... Jlarchons pour le cheval perdu...
ETCHEPARE.
Eh bien?...
Un long silence.
MOUZON
Allons!... Laissez-vous aller....
ETCHEPAKE, suiis uccent, hcsitaut, regardant le greffier comme pour lire daiis ses yeux s'il répond comme il doit répondre.
Eh bien!... je vais vous dire, monsieur... vous avez
raison... ce n'est pas vrai... je ne suis pas allé dans la montagne... c'est ce que je disais d'abord qui est la vérité... je ne suis pas sorti de chez moi... Tout à l'heure, j'étais tout étourdi... D'abord, j'ai tout nié, même ce qu' était vrai, tellement j'avais peur de vous; puis, quand vous m'avez dit, je ne sais plus quoi... parce que ma tête se perd... je ne sais plus... je ne sais plus... je suis pourtant bien sûr d'être innocent... eh bien, tout à l'heure, j'avais presque envie de me reconnaître coupable pour que vous me laissiez tranquille... Qu'est-ce que je disais?... je ne sais plus... Ah! oui... quand vous m'avez dit... ces choses que j'ai oubliées, il m'a semblé qu'il valait mieux que j'affirme que j'étais sorti... j'ai menti... {Avec sincérité.) Mais ce que je vous jure, par exemple, c'est que je ne suis pas coupable... ça, je vous le jure !...
MOUZON
Je vous répète que je ne demande pas mieux que de le croire. Cette fois, c'est bien entendu, vous étiez chez vous?...
ETCHEPARE.
Oui, monsieur.
MOUZON
Nous allons entendre votre femme. Vous n'avez pas d'autres témoignages à invoquer ?
ETCHEPARE.
Non, monsieur.
MOUZON
C'est bien. Emmenez l'inculpé... mais restez dans le Palais. J'aurai probablement besoin de lui tout à l'heure pour une confrontation. Son interrogatoire n'est pas terminé.
Les gendarmes emmènent Etchepare,